Dialogue  en RDC : Anthony Nkinzo, les derniers réglages avant les assises ?

De Lubumbashi à Kinshasa, Anthony Nkinzo Kamole avance étape par étape. Après avoir consulté la CENCO dans la capitale du Haut-Katanga, le directeur de cabinet du chef de l’État a poursuivi, mercredi 8 octobre, ses échanges avec l’Église du Christ au Congo (ECC). Deux rencontres en quelques jours, avec un même objet : présenter les orientations de Félix Tshisekedi et recueillir les positions des principales composantes religieuses sur le dialogue national annoncé par le président de la République.

Cette séquence intervient alors qu’un autre processus de paix se poursuit dans l’Est du pays. Les 5 et 6 octobre, le Panel des facilitateurs de l’Union africaine était à Goma non pas pour préparer le dialogue national, mais dans le cadre de la médiation africaine sur la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Le Panel, composé notamment d’anciens chefs d’État africains, mène des consultations auprès des différentes parties et acteurs concernés afin de soutenir le processus de paix, renforcer la confiance et favoriser la poursuite des engagements pris dans le cadre du processus de Doha.

À Goma, les facilitateurs ont notamment rencontré des représentants de l’AFC/M23 ainsi que des acteurs humanitaires et des mécanismes de suivi du cessez-le-feu. Ils ont appelé les parties à respecter le cessez-le-feu, à coopérer avec les mécanismes de vérification et à poursuivre le dialogue politique. Les résultats de ces consultations doivent être transmis au médiateur de l’Union africaine et au gouvernement congolais.

Le rôle de l’UA est donc clairement distinct de celui d’Anthony Nkinzo. D’un côté, la Présidence congolaise consulte les acteurs nationaux en vue d’organiser un dialogue politique sur la paix, la cohésion nationale et la refondation de l’État. De l’autre, l’Union africaine intervient comme acteur de facilitation et de médiation dans le processus de paix lié au conflit armé dans l’Est.

Le lien entre les deux démarches est ainsi moins institutionnel que contextuel : elles répondent à deux dimensions différentes d’une même crise nationale. Le dialogue voulu par Félix Tshisekedi porte sur le cadre politique intérieur ; la médiation de l’UA porte sur la crise sécuritaire et les négociations de paix dans l’Est.

De la CENCO à l’ECC

Le premier déplacement de cette séquence remonte au 3 octobre. À Lubumbashi, Anthony Nkinzo, accompagné de Fortunat Biselele, a rencontré Mgr Fulgence Muteba, président de la CENCO.

La délégation présidentielle y a présenté les orientations du chef de l’État concernant le dialogue national et recueilli les observations de l’Église catholique.

Le 8 octobre, Anthony Nkinzo a poursuivi les consultations à Kinshasa auprès de l’ECC. Accompagné de Fortunat Biselele, il a échangé avec Mgr André Bokundoa Bo-Likabe autour des mêmes orientations présidentielles.

Après la CENCO, l’ECC constitue donc une nouvelle étape des consultations conduites par la Présidence auprès des principales composantes religieuses.

L’objectif immédiat reste la préparation du dispositif devant conduire aux assises. Il est notamment question de la mise en place d’un comité d’organisation et d’une commission préparatoire.

Mais le dialogue n’en est pas encore à sa phase d’ouverture. Aucune date officielle n’a été annoncée et plusieurs modalités restent à définir.

La séquence actuelle apparaît ainsi comme une phase de préparation : Anthony Nkinzo présente les orientations présidentielles, recueille les avis des acteurs consultés et prépare, avec eux, les conditions de mise en place du dispositif appelé à organiser les futures assises.

En parallèle, l’Union africaine poursuit son propre travail de facilitation autour du conflit dans l’Est, avec Goma puis Kigali comme étapes de ses consultations.

Deux démarches distinctes, donc, mais deux pièces d’un même contexte de crise : à Kinshasa, la Présidence cherche à construire le cadre d’un dialogue politique national ; sur le front diplomatique régional, l’UA cherche à faire avancer le processus de paix dans l’Est.

Reste désormais à voir comment la phase de consultations conduite par Anthony Nkinzo débouchera sur la mise en place effective des structures préparatoires, puis sur la convocation des assises.

José-Junior Owawa

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