À l’issue de la formation consacrée à la norme ISO 9001 organisée du 09 au 17 février courant à Kinshasa en faveur des Directeurs et Chefs de services, suivie d’une seconde formation dédiée aux mécanismes de collecte de la redevance annuelle sur la charge à l’essieu, le Directeur général du Fonds National d’Entretien Routier (Foner), Pierre Bundoki Ndongala, s’est confié en exclusivité à Geopolis Hebdo.


Dans un entretien exclusif, Pierre Bundoki Ndongala a fait savoir que depuis 2022, l’établissement public est engagé dans une réforme profonde visant à maximiser ses ressources et à améliorer continuellement la qualité de ses prestations, avec pour objectif l’obtention de la certification ISO 9001 afin de renforcer sa crédibilité institutionnelle.
Une dynamique qui s’inscrit dans la vision du Président de la République, Félix Tshisekedi, déterminé à doter la République Démocratique du Congo d’infrastructures capables de soutenir son développement et l’entretien de près de 157 000 km de routes.
Sous son leadership, le Directeur Général du Foner, Pierre Bundoki Ndongala déclare avoir engagé une restructuration interne pour des performances accrues.
«Nous avons restructuré le Foner direction par direction… Nous avons analysé les systèmes de collecte qui existaient, qui ne permettaient pas à l’établissement d’atteindre des performances acceptables », a-t-il déclaré en expliquant que à son arrivée, les recettes de l’établissement étaient plafonnées à environ 150 à 160 millions USD, un niveau insuffisant au regard des missions qui lui sont assignées.
« Aujourd’hui, nous avons restructuré les services de mobilisation en une direction des recettes, avec des animateurs recrutés par appel à candidature de manière compétitive », a-t-il poursuivi en rappelant que la réforme touche également la gouvernance interne.
«Nous avons redynamisé la direction financière en rendant opérationnel le service du budget… mis en place des dispositifs modernes de gestion des ressources humaines, des méthodes d’évaluation des performances et des plans de formation », a révélé le chef de l’établissement en évoquant aussi la situation de l’audit interne qui a également été renforcé afin d’assurer la fiabilité du système de contrôle.
Cap sur la certification ISO 9001
La formation organisée à Kinshasa marque une étape clé dans la transformation qualitative du Foner, a-t-il renchéri.
« Aujourd’hui, nous mettons en place ce processus ISO 9001. Pourquoi ? Parce qu’ISO 9001 est une norme de qualité. Nous pensons que nous sommes confortables avec ce que nous faisons, mais nous sommes jugés par nos parties prenantes », a souligné Pierre Bundoki Ndongala en citant notamment l’Office des Routes, l’Office des Voiries et Drainage et d’autres partenaires techniques.
« Nous devons nous assurer que notre processus qualité fonctionne et attirer l’attention de notre personnel sur la qualité des services rendus et la satisfaction de nos partenaires», a-t-il expliqué en précisant que la formation actuelle constitue une phase de sensibilisation.
« Ce n’est qu’une première étape vers la certification Après, nous allons trouver une firme qui va nous accompagner dans la mise en place complète des processus, et à la fin il y aura une certification. »
La redevance sur la charge à l’essieu : levier stratégique de croissance
La seconde formation qui a porté sur les mécanismes de collecte de la redevance annuelle sur la charge à l’essieu est considérée comme un levier majeur d’augmentation des recettes. Pour ce faire, Pierre Bundoki Ndongala souligne que « Les difficultés du Foner étaient à la fois d’ordre interne et externe. Nous avons réglé les problèmes internes en mettant en place les mécanismes nécessaires. Aujourd’hui, nous commençons à régler les problèmes externes.»
Grâce aux mesures introduites dans la loi de finances 2026, le Directeur Général du Foner est convaincu que son établissement est à même d’aller plus loin dans son ambition de maximiser les recettes pour financer l’entretien routier en République Démocratique du Congo.
« La loi de finances nous donne des mesures de contrainte pour mobiliser les recettes», a-t-il déclaré en affirmant que les résultats sont déjà visibles : « Nous avons trouvé le Foner autour de 160 millions de dollars… nous sommes passés à 210 millions. »
L’assignation pour 2026 étant fixée à 230 millions USD, les ambitions du Foner vont plus loin d’après son Directeur Général. « En interne, nous pensons affoler les 300 millions de dollars. Avec la réforme légale, le Foner peut tourner autour de 450 à 500 millions. Et si les ajustements tarifaires suivent, nous pouvons atteindre le milliard », a-t-il déclaré pour cet établissement dont les besoins d’entretien sont exactement estimé à près d’un milliard de dollars américains.
Une ambition au service de la vision nationale
Au-delà des chiffres, cette réforme vise à sécuriser un financement durable pour l’entretien du réseau routier national, en cohérence avec la vision du Chef de l’État, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Pour Pierre Bundoki Ndongala, les innovations continues dans la loi des Finances 2026, ce sont des instruments juridiques qui vont permettre au Foner de mieux collecter ses recettes après avoir réglé les problèmes internes notamment en termes des procédures.
En misant simultanément sur la modernisation des procédures, la rigueur budgétaire et la qualité certifiée, le Foner entend s’imposer comme un établissement public performant, crédible et capable de soutenir durablement la politique infrastructurelle de la RDC.
José-Junior Owawa
