Environnement : à Brazzaville, Félix Tshisekedi plaide pour la protection des forêts congolaises

La République démocratique du Congo entend faire de la protection de ses forêts un véritable levier de développement durable. En marge de la 40ᵉ édition de la Journée nationale de l’arbre, le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a pris part, ce vendredi 6 novembre 2026 à Brazzaville, au lancement de la Décennie des Nations unies pour le boisement et le reboisement. Une initiative à laquelle ont également participé les dirigeants de la République du Congo, du Burundi et de la République centrafricaine.

Au-delà du caractère symbolique de cette rencontre, la participation du chef de l’État congolais revêt un enjeu stratégique pour la RDC. Le pays abrite une grande partie du bassin du Congo, considéré comme l’un des principaux réservoirs forestiers et puits de carbone de la planète. La préservation de ce patrimoine représente donc un intérêt à la fois environnemental, économique et diplomatique.

Lors d’une conférence de presse organisée à Kintélé, Félix Tshisekedi a mis en lumière les principales menaces qui pèsent sur les forêts congolaises. Parmi elles, l’agriculture itinérante sur brûlis, qui contribue à la disparition progressive du couvert forestier. Pour inverser cette tendance, le président congolais a notamment préconisé la sédentarisation de l’agriculture, la promotion de l’agroforesterie durable, le développement de l’accès à l’électricité afin de réduire la dépendance au bois-énergie, ainsi que le reboisement.

Pour la RDC, cette mobilisation internationale constitue une occasion de renforcer la coopération avec les pays de la sous-région et de défendre une approche commune face aux défis climatiques. Elle peut également favoriser la recherche de partenariats techniques et financiers destinés à soutenir les politiques de conservation, de restauration des terres et de développement des énergies alternatives.

L’enjeu est également économique et social. La protection des forêts peut contribuer à préserver les ressources naturelles dont dépendent des millions de Congolais, à maintenir les équilibres climatiques et à soutenir les activités agricoles et forestières durables. Elle offre aussi au pays l’opportunité de mieux valoriser son patrimoine naturel dans les mécanismes internationaux de financement climatique, à condition de mettre en place des projets crédibles et des engagements vérifiables.

Organisée à Maloukou, à 45 kilomètres du centre-ville de Brazzaville, la cérémonie a été marquée par une plantation symbolique d’arbres. Le président Denis Sassou-Nguesso a présenté Brazzaville comme le point de départ d’une mobilisation mondiale en faveur de la protection des forêts, dont les générations futures devraient être les principales bénéficiaires.

Pour la République démocratique du Congo, le véritable défi commence désormais au-delà des déclarations : traduire cette mobilisation en actions concrètes, capables de protéger durablement ses forêts tout en améliorant les conditions de vie des populations qui en dépendent.

Chris Mutombo

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