Le président Félix-Antoine Tshisekedi veut renforcer la cohérence de l’action diplomatique congolaise et accélérer la modernisation de la délivrance des visas. Deux orientations ont été mises en avant au Conseil des ministres : le rôle central du ministère des Affaires étrangères dans les relations avec les missions diplomatiques et la relance du processus e-Visa, après l’échec d’un précédent contrat.
Sur le plan diplomatique, le chef de l’État a insisté sur la nécessité d’une coordination rigoureuse des initiatives et des engagements pris au nom de la République démocratique du Congo. Il a réaffirmé le ministère des Affaires étrangères comme principal canal institutionnel des relations diplomatiques et interlocuteur privilégié des missions étrangères accréditées en RDC.
L’objectif est de prévenir la multiplication des contacts non coordonnés avec les ambassades, susceptibles, selon les orientations présidentielles, d’affaiblir la crédibilité de la diplomatie congolaise. Le ministère devra notamment assurer l’interface diplomatique, coordonner les échanges institutionnels et accompagner les négociations ainsi que le suivi des accords intergouvernementaux, en collaboration avec les ministères sectoriels concernés.
La Première ministre est appelée à veiller à la cohérence des initiatives gouvernementales en matière de coopération internationale. À cette fin, la ministre d’État aux Affaires étrangères a été chargée de mettre en place, avec la Primature et le cabinet présidentiel, un mécanisme permanent de coordination avec les missions diplomatiques étrangères.
Le dossier e-Visa relancé après un contrat infructueux
Parallèlement, le Gouvernement entend reprendre le processus de mise en place du visa électronique, dans le cadre de la modernisation et de l’harmonisation de la délivrance des visas en RDC.
Cette relance intervient après l’annulation d’un contrat de concession de service signé le 7 juin 2024, dont l’exécution s’est révélée impossible. L’évaluation menée avec le ministère du Numérique a mis en évidence des insuffisances juridiques, financières et contractuelles.
Pour repartir sur de nouvelles bases, les autorités prévoient le lancement d’une procédure concurrentielle de sélection d’un nouveau prestataire. Deux ateliers techniques et une journée de consolidation sont programmés à la mi-novembre 2026 afin de réviser le cahier des charges, de définir la grille tarifaire ainsi que le modèle commercial et financier du dispositif.
Le Gouvernement envisage également un tarif préférentiel pour la diaspora congolaise et un visa touristique plus attractif. L’ambition est de faciliter les déplacements vers la RDC, d’améliorer la transparence dans la gestion des visas et de sécuriser les recettes publiques.
L’évaluation des offres des soumissionnaires est annoncée pour le début de l’année 2027. Le futur dispositif devra être harmonisé à l’échelle du réseau diplomatique et consulaire, tout en conciliant facilitation des déplacements, exigences de sécurité et mobilisation des recettes de l’État.
À travers ces deux orientations, l’exécutif mise sur une diplomatie mieux coordonnée et une procédure de délivrance des visas modernisée. La concrétisation de ces objectifs dépendra désormais de la mise en œuvre du mécanisme de coordination diplomatique et de l’aboutissement de la nouvelle procédure de sélection du prestataire e-Visa.
José-Junior OWAWA
