ISTA-Kinshasa : Deux ingénieurs congolais conçoivent un gilet intelligent pour surveiller la santé à distance

Julien Bihage et Médard Maka, ingénieurs en électronique formés à l’Institut supérieur des techniques appliquées (ISTA) de Kinshasa, ont développé un dispositif connecté destiné au suivi de paramètres physiologiques et à la localisation d’une personne en situation de danger. Une innovation qui ouvre des perspectives dans la télésurveillance et la protection des personnes vulnérables.

Dans la ville de Kinshasa, l’ingénierie électronique congolaise explore de nouvelles possibilités au service de la santé et de la sécurité. Julien Bihage et Médard Maka, deux ingénieurs issus de l’ISTA-Kinshasa, sont à l’origine d’un gilet intelligent conçu pour recueillir et transmettre à distance certaines données physiologiques de son porteur.

D’après la présentation de leur réalisation, le dispositif permet notamment le suivi de la température corporelle et de la tension artérielle. Il intègre également un mécanisme de signalisation et de localisation destiné à faciliter l’assistance lorsqu’une personne se trouve en danger.

Les deux ingénieurs souhaitaient rendre certaines informations accessibles à distance, afin de permettre à un proche, à un intervenant ou à un service de surveillance de suivre la situation du porteur et, potentiellement, de réagir plus rapidement en cas d’urgence.

La technologie au service de la surveillance

Le principe du gilet repose sur l’association de capteurs électroniques et d’un système de transmission des données. Les informations recueillies peuvent ainsi être consultées à distance, selon les modalités techniques retenues par les concepteurs.

Cette approche s’inscrit dans le développement de la télésurveillance, qui permet de suivre certains paramètres d’une personne sans que l’observateur soit physiquement présent à ses côtés.

Dans le domaine médical, cette technologie peut présenter un intérêt pour le suivi de patients nécessitant une observation régulière. Elle pourrait également contribuer à renforcer la sécurité de personnes âgées ou vulnérables, à condition que les fonctions de détection, d’alerte et de localisation soient suffisamment fiables.

Toutefois, les informations techniques détaillées sur le gilet de Bihage et Maka, notamment les caractéristiques de ses capteurs, la précision des mesures, son autonomie et les conditions de transmission, restent à documenter.

De la surveillance médicale à la sécurité des personnes

Au-delà du suivi physiologique, les concepteurs présentent le dispositif comme un outil susceptible de faciliter la localisation et l’assistance en cas de danger.

Cette dimension élargit les applications possibles du projet. Un système de localisation associé à des alertes pourrait, par exemple, aider à retrouver une personne en difficulté ou à signaler une situation nécessitant une intervention.

Dans une publication en ligne consacrée à un projet appelé « Afia Military », Médard Maka décrit également un gilet connecté destiné à transmettre des données biométriques, la position et l’activité d’un militaire vers une application dédiée, y compris en l’absence de connexion Internet. Cette publication témoigne de son intérêt pour les systèmes portables de surveillance et de transmission. Elle ne permet cependant pas, à elle seule, de confirmer que ce dispositif militaire et le gilet médical présenté à l’ISTA sont identiques ou disposent des mêmes fonctionnalités.

L’ISTA, un cadre de formation et d’innovation

L’Institut supérieur des techniques appliquées de Kinshasa est un établissement public d’enseignement supérieur qui forme des cadres techniques et scientifiques dans plusieurs domaines, dont l’électronique, l’informatique et les télécommunications. Son site institutionnel présente la formation pratique et l’innovation parmi les axes de sa mission.

Cette vocation s’inscrit dans un contexte où les compétences techniques locales sont de plus en plus sollicitées pour concevoir des solutions adaptées aux besoins du pays.

En septembre 2026, l’ISTA-Kinshasa a notamment inauguré un atelier de maintenance biomédicale et une bibliothèque numérique dans le cadre du projet LABOH-KIN, financé par l’Agence française de développement et mis en œuvre par Expertise France. Ce projet vise à renforcer les capacités de laboratoires et la qualité des services de santé dans plusieurs zones périurbaines de Kinshasa. Il constitue un exemple d’investissement dans les infrastructures scientifiques et techniques.
Un prototype à éprouver avant un déploiement

Pour passer d’une innovation électronique à un outil utilisable dans le secteur de la santé, plusieurs étapes restent déterminantes : vérifier la précision des mesures, tester le dispositif dans des conditions réelles, évaluer son autonomie et sa résistance, et préciser les modalités de protection des données personnelles.

Selon les spécialistes, la mesure de la tension artérielle, en particulier, nécessite une validation rigoureuse. La présence d’un capteur ou l’affichage d’une valeur ne suffit pas à établir qu’un dispositif fournit une mesure médicalement fiable.

Il faudra également déterminer si le gilet est destiné à un usage médical, à la sécurité individuelle ou à plusieurs applications, et préciser les conditions dans lesquelles il pourrait être commercialisé.

Valoriser le savoir-faire congolais

À travers cette réalisation, Julien Bihage et Médard Maka illustrent le potentiel de l’ingénierie électronique congolaise et la capacité de jeunes professionnels à imaginer des dispositifs répondant à des préoccupations concrètes.

Leur initiative mérite d’être suivie, notamment pour comprendre les résultats des essais, les améliorations envisagées et les perspectives de mise à disposition du gilet.

Au-delà de l’invention elle-même, le défi consiste désormais à transformer cette conception en une solution fiable, accessible et adaptée aux besoins de ses futurs utilisateurs.

L’innovation ne se mesure pas seulement à l’idée qu’elle porte, mais aussi à sa capacité à faire ses preuves et à améliorer concrètement la vie des populations.

Don Momat

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