Le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a vivement réagi ce dimanche 18 octobre 2026 sur son compte X à propos de Joseph Kabila et du Front pour la refondation de la nation (FRN). Il accuse l’ancien président de vouloir renverser l’ordre constitutionnel et présente le mouvement comme un groupe armé supplétif du Rwanda. Il appelle également les leaders de l’opposition à clarifier leur position.
Dans sa publication, Patrick Muyaya dénonce le choix de l’ancien chef de l’État de recourir aux armes. « Le choix du Président honoraire de prendre les armes signifie qu’il a choisi de tuer les Congolais pour penser renverser l’ordre constitutionnel et revenir au pouvoir », affirme-t-il.
Pour le porte-parole du gouvernement, le lancement d’un nouveau mouvement ne modifierait pas la nature des acteurs ni leurs objectifs présumés. « On lance un mouvement pour tenter de se donner un nouveau visage mais en réalité, les intentions, les projets macabres, les modus operandi sont bien connus », écrit-il.
Il poursuit : « Les acteurs restent les mêmes, la nature du mouvement aussi, un groupe armé supplétif du Rwanda. »
Washington et Doha au cœur du processus de paix
Patrick Muyaya réaffirme l’engagement du gouvernement dans les initiatives diplomatiques destinées à résoudre la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. « Nous restons fermes dans nos engagements pour régler le volet sécuritaire de la crise tant dans le cadre de Washington avec le père qu’à celui de Doha avec le fils », déclare-t-il.
Il estime que le mouvement concerné est appelé à disparaître au terme des négociations de Doha. « Quelle que soit sa dénomination, ce groupe armé relooké est appelé à disparaître au terme du processus de Doha », soutient-il.
Le porte-parole interpelle aussi les responsables de l’opposition, particulièrement ceux du C64, qui réclamaient la participation de Joseph Kabila au dialogue national.
« Les leaders de l’opposition notamment ceux du C64, qui exigeaient la participation du Président honoraire au dialogue doivent se prononcer entre la République et l’agression maintenant que le fils aîné Joseph Kabila a officialisé son rôle de chef des supplétifs », lance-t-il.
Muyaya dénonce une tentative de « congoliser » l’agression
Dans sa réaction, Patrick Muyaya accuse le Rwanda de chercher à masquer ses responsabilités dans le conflit congolais en s’appuyant sur des acteurs congolais.
« Ma réaction au méli-mélo familial opéré par père, le #Rwanda pour tenter désespérément de congoliser son agression dans notre pays et de se dérober de ses responsabilités criminelles », écrit-il.
Il rappelle ensuite que l’accès au pouvoir doit passer par les voies démocratiques : « Le pouvoir appartient au peuple congolais. Il se conquiert par les urnes, pas par les armes. »
Dans une formule imagée visant l’ancien président, le porte-parole du gouvernement ajoute : « Le fils aîné veut apprendre aux Congolais à nager alors qu’il a pendant 18 ans vidé la piscine. »
Enfin, il annonce l’opposition du Bloc pour la République à cette initiative : « Le Bloc pour la République va se dresser contre cette nouvelle aventure. »
Une nouvelle passe d’armes politique
Cette publication illustre la fermeté du discours gouvernemental face au FRN et à Joseph Kabila, dans un contexte marqué par les efforts diplomatiques visant à mettre fin au conflit dans l’Est de la RDC.
Les déclarations de Patrick Muyaya constituent la position du gouvernement telle qu’exprimée par son porte-parole. Les accusations formulées à l’encontre de Joseph Kabila et du Rwanda doivent être distinguées des faits établis par une décision judiciaire.
Au-delà de cette confrontation, l’appel lancé aux responsables de l’opposition remet au centre du débat la question de leur participation au dialogue politique et de leur position face aux initiatives de paix en cours.
José-Junior OWAWA
