Face à la recrudescence des accidents mortels dans les transports en commun, le vice-Premier ministre chargé des Transports, Voies de communication et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba Gombo, a présenté au Sénat les principales faiblesses du secteur et les mesures envisagées pour renforcer la sécurité. Parmi les annonces majeures figure l’interdiction de la navigation des baleinières en bois sur les fleuves, les rivières et les lacs du pays à partir du 15 novembre 2026.


Invité au Sénat pour répondre à une question d’actualité du sénateur Faustin Luanga, Jean-Pierre Bemba a dressé un état des lieux préoccupant du secteur des transports en République démocratique du Congo. Il a notamment relevé la vétusté des infrastructures, le manque d’entretien, l’insuffisance des équipements de sécurité et les faibles capacités de contrôle. À ces difficultés s’ajoutent le vieillissement d’une partie du parc automobile, les limites de la régulation et la faible exploitation du potentiel fluvial et ferroviaire.
Sur les routes, le vice-Premier ministre a identifié plusieurs facteurs à l’origine des accidents, notamment la fatigue et la somnolence au volant, les défaillances mécaniques ainsi que la conduite sans permis valable ou avec un permis inadapté. Pour faire face à ces risques, il a rappelé l’existence de son arrêté du 12 novembre 2025 relatif au contrôle technique des véhicules automoteurs sur l’ensemble du territoire national.
La sécurité fluviale au cœur des préoccupations
Les accidents sur les voies navigables ont également occupé une place importante dans son intervention. Face aux naufrages enregistrés depuis le début de l’année, Jean-Pierre Bemba a annoncé avoir instruit le secrétaire général aux Transports d’interdire, dès le 15 novembre prochain, la navigation des baleinières en bois sur les fleuves et leurs affluents, les autres cours d’eau ainsi que les lacs.
Dans le cadre du programme de surveillance de la navigation intérieure, le ministère a par ailleurs acquis 26 canots rapides. Selon le ministre, 20 de ces embarcations, ainsi que quatre pousseurs, ont été mis à flot le 25 août 2026. Ces équipements doivent contribuer au renforcement de la surveillance et de la sécurité sur les voies d’eau intérieures.
Crash de Kenge : les causes toujours à l’étude
Abordant le crash aérien de Kenge, le patron des Transports a indiqué que les membres de l’équipage disposaient de documents de bord en cours de validité, notamment d’une police d’assurance. Il a toutefois appelé à la prudence concernant les causes de l’accident.
Selon Jean-Pierre Bemba, il est prématuré de déterminer définitivement l’origine du sinistre avant l’aboutissement d’une enquête technique sérieuse. Une position qui souligne la nécessité de s’appuyer sur les conclusions des investigations plutôt que sur des hypothèses.
Malgré les difficultés évoquées, le vice-Premier ministre a également présenté aux sénateurs des images de plusieurs réalisations et chantiers en cours. Il a annoncé la signature prochaine de protocoles d’accord avec des partenaires extérieurs pour la construction d’infrastructures ciblées dans le cadre du programme gouvernemental.
Les réponses de Jean-Pierre Bemba n’ont pas donné lieu à un débat au Sénat, la procédure de la question d’actualité ne prévoyant pas d’échange après son intervention.
Chris Mutombo
