Le gouvernement congolais et l’Africa Finance Corporation (AFC) ont signé deux accords destinés à faire progresser les projets ferroviaires MetroKin et Kinshasa-Banana. Le premier vise le développement d’une ligne reliant la gare centrale de Kinshasa à l’aéroport international de N’Djili, tandis que le second porte sur le financement de l’étude de faisabilité du chemin de fer reliant la capitale au port de Banana, sur la côte atlantique.
Estimée à 877 millions de dollars américains, la première phase du projet MetroKin prévoit la construction d’une ligne ferroviaire électrifiée à double voie de 25 kilomètres. Le tracé doit relier la gare centrale de Kinshasa à l’aéroport international de N’Djili. Les travaux annoncés comprennent également huit gares, 52 passerelles, de nouveaux ponts, des ouvrages d’assainissement ainsi qu’un viaduc ferroviaire au-dessus du boulevard du 30 Juin.
À terme, le réseau MetroKin ambitionne de s’étendre sur 300 kilomètres à travers la capitale. L’objectif est de proposer une alternative au transport routier dans une ville régulièrement confrontée à des embouteillages qui compliquent les déplacements quotidiens et affectent les activités économiques.
Pour les usagers, la mise en service de cette infrastructure pourrait contribuer à réduire le temps passé dans les transports, à faciliter l’accès aux lieux de travail et à améliorer la régularité des déplacements. Les entreprises pourraient également bénéficier d’une meilleure mobilité des travailleurs. Ces retombées dépendront toutefois de la réalisation effective du projet, de son accessibilité et de la qualité du service proposé.
Kinshasa-Banana : une étude de faisabilité attendue
Le deuxième accord concerne le financement de l’étude de faisabilité du chemin de fer Kinshasa-Banana. Cette étape devra permettre d’évaluer les conditions techniques, économiques et financières nécessaires à la réalisation de la future ligne, ainsi que les modalités de sa construction, de son exploitation et de sa maintenance.
L’enjeu est stratégique pour l’économie congolaise. En reliant Kinshasa à Banana, sur la façade atlantique, le projet pourrait faciliter les échanges commerciaux et renforcer la connexion entre la capitale et les infrastructures portuaires du pays. Sa concrétisation dépendra néanmoins des conclusions de l’étude, du coût des investissements et de la mobilisation des financements nécessaires.
Des accords aux travaux : le défi de la concrétisation
Malgré les perspectives annoncées, plusieurs défis restent à relever. Pour MetroKin, il faudra traduire les engagements en financements effectifs, respecter le calendrier des travaux et garantir, à terme, un service fiable et accessible à la population. Le démarrage des travaux est annoncé pour décembre 2026, selon les informations communiquées sur le projet.
Il convient toutefois de distinguer la signature d’un accord de codéveloppement du bouclage complet du financement. La conclusion de cet accord ne signifie pas nécessairement que l’ensemble des fonds nécessaires à la construction est déjà disponible.
Pour le chemin de fer Kinshasa-Banana, l’étude de faisabilité constitue une étape préalable indispensable avant toute décision définitive sur la réalisation de l’infrastructure.
Au-delà des annonces, la réussite de ces deux projets sera jugée à leurs effets concrets : une amélioration des déplacements à Kinshasa, une meilleure connexion entre les pôles économiques et un renforcement durable des infrastructures de transport en République démocratique du Congo.
Daniella Kalala
