‎ARSP : Juan Ted Beleshayi, les 100 premiers jours d’impulsion d’une nouvelle dynamique

Sous-traitance, contrôle, digitalisation et accès des entreprises congolaises aux marchés : après cent jours à la tête de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé, Juan Ted Beleshayi Kasanda revendique une première étape consacrée à la remise en capacité de l’institution. Lors d’un point de presse tenu jeudi 2 octobre 2026, le directeur général a défendu une méthode qui entend conjuguer rigueur réglementaire et création d’opportunités pour le secteur privé congolais.

Cent jours. C’est le premier rendez-vous que s’est fixé Juan Ted Beleshayi Kasanda depuis son arrivée à la tête de l’ARSP en juin dernier. Face aux professionnels des médias et à ses principaux collaborateurs, le directeur général a choisi de présenter cette période non comme un aboutissement, mais comme le début d’une nouvelle séquence pour l’institution.

Son approche repose sur une idée centrale : réguler davantage pour permettre aux entreprises congolaises de mieux accéder aux opportunités générées par les investissements privés.

Reprendre le contrôle du dispositif

Parmi les premiers actes de la nouvelle direction figure la reprise des missions de contrôle de conformité dans plusieurs provinces, après leur suspension.

La logique affichée est claire : faire de l’ARSP un régulateur davantage présent sur le terrain et capable de vérifier l’application effective des règles de la sous-traitance.

Cette orientation s’est accompagnée du renforcement des capacités humaines de l’institution. Cinquante-cinq nouveaux inspecteurs ont récemment été recrutés et engagés dans une formation consacrée notamment aux techniques d’enquête, d’investigation et de contrôle.

Pour Beleshayi Kasanda, cette évolution doit également contribuer à installer une nouvelle culture interne fondée sur la compétence et la responsabilité.

De la régulation à la création d’opportunités

Mais le chantier de l’ARSP ne se limite pas au contrôle. La nouvelle direction veut également agir sur l’autre versant du problème : permettre aux entreprises congolaises éligibles de trouver davantage de débouchés.

Les échanges engagés avec la Fédération des entreprises du Congo, le FOGEC, l’ARMP ou encore l’APCSC traduisent cette volonté de multiplier les passerelles entre régulation, financement, investissement et accès aux marchés.

La démarche prend une importance particulière dans un contexte où la sous-traitance est appelée à devenir un instrument de développement du tissu entrepreneurial national. L’enjeu n’est donc pas seulement de sanctionner les situations de non-conformité, mais de faire en sorte que les entreprises congolaises disposent réellement des capacités nécessaires pour capter une partie des marchés.

Le virage numérique

Autre axe mis en avant par la direction : la digitalisation des services.

La dématérialisation progressive des procédures vise à simplifier les démarches, renforcer la traçabilité et rapprocher l’administration des opérateurs économiques. Pour les entreprises, particulièrement les PME, cette modernisation peut contribuer à réduire certaines contraintes administratives et à rendre les procédures plus lisibles.

Mais la digitalisation constitue surtout, pour l’ARSP, un outil de modernisation de la régulation. Elle doit permettre à l’institution de disposer de données plus fiables et de mécanismes de suivi plus efficaces.

Des premiers signaux, mais encore des résultats à consolider

Les premières décisions de la nouvelle direction donnent également un aperçu de cette volonté de renforcer l’application des règles. Fin septembre, l’ARSP a notamment ordonné à la SICOMINES de mettre fin aux contrats conclus avec six entreprises déclarées non éligibles à la sous-traitance et d’ouvrir les marchés concernés à des sous-traitants congolais éligibles.

Ce type de décision donne une dimension concrète au discours sur le renforcement de la régulation.

Il reste toutefois à mesurer, dans la durée, les effets de cette nouvelle orientation sur les entreprises. Car le véritable indicateur du succès de la politique de sous-traitance restera la capacité des PME congolaises à accéder aux marchés, à accroître leur compétitivité, à créer des emplois et à s’inscrire durablement dans les chaînes de valeur.

Une nouvelle étape

Au terme de ces cent premiers jours, Juan Ted Beleshayi Kasanda présente donc une ARSP engagée sur plusieurs fronts : contrôle renforcé, professionnalisation des équipes, digitalisation des services et recherche de nouvelles opportunités pour les entreprises congolaises.

Cette première étape aura surtout permis de fixer une méthode et de relancer plusieurs chantiers.

La suite sera déterminante. Elle devra permettre de vérifier si cette dynamique institutionnelle peut se traduire par des résultats économiques mesurables pour les entrepreneurs congolais.

Car au-delà des cent jours et des réformes engagées, le véritable enjeu demeure celui-ci : faire de la sous-traitance non seulement un espace à réguler, mais un marché réellement accessible aux entreprises congolaises.

José-Junior Owawa

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