Ebola : le Japon débloque 5 millions de dollars pour renforcer la riposte en RDC

Face à la progression de l’épidémie de maladie à virus Ebola, la République démocratique du Congo bénéficie d’un nouvel appui international. Le Japon a annoncé une aide d’urgence de 5 millions de dollars américains destinée à renforcer la prévention des épidémies et à répondre aux besoins des populations affectées.

Annoncée mardi par l’Ambassade du Japon en RDC, cette contribution sera mise en œuvre avec l’appui de trois agences internationales : l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), l’UNICEF et le Programme alimentaire mondial (PAM).

La répartition de cette enveloppe se veut multisectorielle. L’OIM recevra 2 millions de dollars pour les activités de prévention des épidémies. L’UNICEF bénéficiera de 1,5 million de dollars pour les interventions dans les domaines de la santé, de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène. Le PAM disposera, lui aussi, de 1,5 million de dollars pour l’assistance alimentaire.

Plus de 6 000 cas confirmés

Cet appui intervient alors que la situation épidémiologique demeure préoccupante. Le dernier bilan fait état de 6 100 cas confirmés et 2 950 décès, répartis dans six provinces et 60 zones de santé.

L’Ituri reste la province la plus touchée, avec 28 zones de santé affectées. Les équipes de riposte poursuivent leurs opérations de surveillance, de recherche et de suivi des contacts, ainsi que la prise en charge des personnes malades.

Un élément encourageant est toutefois relevé dans le dernier point de situation : aucune nouvelle zone de santé n’a été affectée au cours des dernières 24 heures. Un indicateur qui pourrait traduire un ralentissement de la propagation, mais qui ne permet pas encore de conclure à une maîtrise de l’épidémie.

Le vaccin Ervebo sous évaluation

Sur le front de la vaccination, 70 000 doses d’Ervebo ont été allouées à la RDC. La vaccination des personnels de santé et des travailleurs de première ligne a débuté le 27 août.

Mais la situation présente une particularité scientifique majeure. Le vaccin Ervebo est homologué contre la souche Zaïre du virus Ebola, alors que l’épidémie actuelle en RDC est liée à la souche Bundibugyo.

Son efficacité contre cette souche fait donc l’objet d’une évaluation dans le cadre d’un essai clinique. Parallèlement, la recherche se poursuit pour développer un vaccin spécifiquement adapté à la souche Bundibugyo.

La CEPI prévoit notamment de mobiliser jusqu’à 16,5 millions de dollars au profit du groupe égyptien Minapharm pour développer un candidat-vaccin et le conduire jusqu’à un premier essai clinique chez l’être humain en Afrique. Ce candidat reste cependant expérimental et n’est pas encore disponible pour une utilisation dans l’épidémie actuelle.

Une riposte qui reste sous pression

En attendant de disposer d’un vaccin spécifiquement homologué contre la souche Bundibugyo, la riposte repose principalement sur la surveillance épidémiologique, la détection précoce des cas, le suivi des contacts, la vaccination ciblée et la prise en charge des malades.

L’aide japonaise vient ainsi renforcer un dispositif qui ne se limite pas à la réponse médicale. L’accès à l’eau potable, l’assainissement, l’hygiène, la prévention et l’aide alimentaire constituent également des éléments essentiels pour limiter les conséquences de l’épidémie sur les communautés touchées.

Avec 6 100 cas confirmés et près de 3 000 décès, la RDC fait face à une situation toujours critique. L’absence de nouvelle zone de santé affectée en 24 heures apporte une note d’espoir, mais la riposte devra rester soutenue pour contenir la propagation du virus et protéger les populations exposées.Cette version peut aussi être adaptée en papier de 1 minute 30 pour le journal télévisé, avec un chapeau et une chute plus percutants.

Chris Mutombo

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