Ticad 9 Yokohama I Voici l’équipe choc de la RD Congo pour la conquête Nippone

Finie la période de « l’essentiel est de participer », désormais c’est une gouvernance axée sur les résultats que le Gouvernement Suminwa veut imprimer à sa dynamique. La preuve est la qualité des ministères impliqués dans la participation à la Ticad 9, un indice des objectifs que la cheffe du Gouvernement qui représente le Président de la République veut atteindre. 

L’enjeu est réel et les différents ministres au travers de leurs experts ont placé la barre plus haut pour tirer profit de cette opportunité. En examinant les différentes feuilles de route, on est en contact avec une chose dont le Congo nous avez déshabitués, à savoir la cohérence dans la démarche publique et les actions menées. Mais pour la Ticad 9 on peut déjà saisir le fond d’une nouvelle approche en profondeur. Par exemple les ambitions affichées sont en harmonie avec la vision déclinée par le président Félix Tshisekedi autour de la politique de la diversification. 

L’équipe choc est ainsi composée des ministres suivants :

MUKOKO SAMBA, VPM en charge de l’économie :

Pour l’économie congolaise, selon des sources proches du ministère, l’enjeu est la diversification des partenariats économiques par la réduction de sa dépendance vis-à-vis de certains partenaires traditionnels. Grace à la Ticad, la RD Congo veut une nouvelle approche basée sur le respect des normes, la transparence et la formation locale. Le Vpm Mukoko voudra certainement que son pays accède à des financements cibles via la JiCA comme ceux portant sur les infrastructures, l’agriculture intelligente, la transition énergétique, la santé et l’éducation. La Ticad peut être l’occasion de mettre en place des mécanismes supplémentaires de la valorisation des ressources locales en s’approchant aussi des ressources stratégiques congolaises. L’essentiel est de négocier des contrats équitables avec des clauses de transformation locale et du contenu congolais. Mukoko Samba va certainement insister aux côtés de la Première Ministre du renforcement des capacités grâce à la possibilité de formation des cadres et d’assistance technique et de transfert de compétences, notamment dans les secteurs minier, numérique et agro industriel. Il est certain que le professeur d’économie et VPM envisage accroître la crédibilité de son secteur en se ré positionnant sur la scène internationale grâce à la Ticad 9. 

JULIEN PALUKU, Ministre du Commerce Extérieur 

Pour le ministre de ce secteur l’ambition est certainement d’accéder au marché japonais et asiatique. Pour ce faire, le stratège du gouvernement peut promouvoir les produits stratégiques vers un marché stable à forte valeur ajoutée. Et la RD Congo est pourvue comme par exemple des minerais, le café, le cacao, le bois etc. La Ticad 9 sera une possibilité de signer des accords commerciaux bilatéraux ou sectoriels. Pour le ministre du commerce extérieur il devrait s’agir aussi de l’amélioration de la logistique d’exportation. Il est possible d’obtenir du Japon le financement des infrastructures portuaires. Comment ne pas profiter de l’occasion pour mettre en exergue les zones économiques spéciales pour accueillir des investisseurs nippons dans le secteur agro-industriel, le textile et la transformation minière. Il doit déjà exister un agenda à ce sujet.

MARC EKILA, Ministre de la Formation Professionnelle.

Dans le domaine de la formation professionnelle la participation de la RD Congo représente un enjeu fondamental dit-on par des sources proches du dossier. Et le ministre Ekila a mis les petits dans les grands pour insister sur les grands axes principaux comme la réduction du fossé compétence-emploi. Il s’agit pour lui d’obtenir du Japon qu’il puisse accompagner la RDC dans la mise en place des formations techniques adaptées aux besoins des secteurs porteurs. L’objectif est de former une main d’œuvre qualifiée localement pour soutenir l’industrialisation. Comment ne pas profiter de cette conférence pour nouer des partenariats avec des centres techniques japonais car le pays des samouraï dispose d’un réseau d’écoles techniques de formation industrielle reconnus. La RDC pourrait bénéficier d’un transfert de compétences, de stages et des formations croisées. Par la même occasion le ministre du secteur peut trouver des mécanismes de renforcement des centres congolais de formation grâce à des appuis à la modernisation des centres de formation professionnelle. Comment ne pas permettre aux jeunes surtout de se focaliser sur des métiers orientés vers l’innovation, le numérique et les énergies renouvelables. L’un des défis auxquels il est impérieux de trouver une réponse c’est l’employabilité des jeunes qui peinent à s’insérer sur le marché du travail. Le moment est venu et ce grâce au soutien japonais à la RDC de développer des filières de formation certifiantes liées aux secteurs stratégiques de son économie. L’enjeu est sans doute de fait de la formation professionnelle un levier structurant du développement. Produire localement de compétences adaptées aux investissements futurs, réduire le chômage et renforcer la compétitivité nationale. 

LOUIS WATUM, Ministre des Mines 

Le nouveau ministre des mines qui n’est pas un novice dans le secteur sait pertinemment bien que l’enjeu est hautement stratégique compte tenu du rôle central que joue le pays dans les chaînes d’approvisionnement mondiales en minerais critiques. Ainsi Louis WATUM veut attirer des investissements responsables et de qualité porteurs des normes strictes. Il est évident que l’objectif est de diversifier les partenaires pour réduire la dépendance à certains pays et équilibrer les rapports de force. Il s’agit aussi de négocier la transformation locale en exigeant que l’investissement minier inclue des unités de transformation sur place en permettant ainsi la création de la valeur ajoutée au pays. Le Japon peut accompagner la RDC dans la formation technique de cadres et ouvriers spécialisés dans l’exploitation minière durable. Il s’agit de renforcer l’emploi local et de réduire le recours à la main d’œuvre étrangère. Louis WATUM sait que c’est l’occasion ici à la Ticad 9 de parvenir à insérer le secteur minier dans la transition énergétique. La RDC est en droit de monnayer son rôle stratégique pour exiger une véritable coopération industrielle et un respect de sa souveraineté sur les ressources. Pour le secteur minier la Ticad 9 représente une plate-forme géopolitique et économique cruciale pour le secteur minier congolais. Bien négocié la RDC peut transformer sa richesse minérale en levier de développement au lieu de subir une exploitation déséquilibrée. Il est attendu du secteur de s’y présenter avec une vision claire, une stratégie de contenu local forte et des exigences cohérentes avec son plan minier. 

L’équipe de choc est déjà au Japon, les différents ministres sous le leadership de la cheffe du Gouvernement est attendue de briller et de faire rayonner la voix de la RDC dans cette rencontre de tous les enjeux. 

W_Albert Kalengay

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