La nouvelle Ministre de l’Environnement et Développement Durable de la République Démocratique du Congo, Marie Nyange Ndambo a officiellement pris ses fonctions ce jeudi, 14 Août 2025 au terme d’une cérémonie de passation des pouvoirs d’envergure où experts, administratifs, politiques et anonymes se sont donnés rendez-vous au siège de ce département gouvernemental pour marquer à jamais de leur présence, cet évènement qui vient de faire son entrée dans les annales de la politique environnementale de la République Démocratique du Congo.
En effet, après plus de quatre heures d’échanges entre Ève Bazaïba Masudi et sa successeure en présence du Secrétaire Général à l’Environnement et Développement Durable, Benjamin Toirambe et de la Ministre déléguée en charge de la Nouvelle Economie du Climat, Arlette Bahati, les deux personnalités ont chacune prononcé quelques mots; la première pour évoquer sommairement son bilan et la seconde pour annoncer ses couleurs.
« En ce jour solennel, nous rendons tout d’abord gloire au Dieu Tout-Puissant qui nous accorde la grâce de servir notre Nation. Notre profonde reconnaissance va également à Son Excellence Monsieur le Président de la République, pour la confiance placée en ma personne. Nous nous battrons avec dignité et détermination pour en être dignes« , a déclaré la nouvelle Ministre de l’Environnement qui aussi rendu hommages à la première Ministre, Judith Suminwa et sa prédécesseure, Ève Bazaïba Masudi.
L’expertise face aux défis
Visiblement très déterminée, la Professeure Marie Nyange Ndambo mesure bien la portée de sa mission. Notre action s’inscrira dans la continuité et l’accélération des réformes institutionnelles essentielles pour confirmer la République Démocratique du Congo comme Pays Solution dans la lutte contre le changement climatique à l’échelle mondiale et faire de l’environnement un secteur promoteur de l’entrepreneuriat, en particulier pour les femmes », est-elle engagée.
Scientifique rompue, Marie Nyange Ndambo a souligné que cet engagement « inclut, entre autres, la régulation rigoureuse et efficace du marché des crédits carbone, afin que notre Nation [RDC] tire pleinement profit de ses potentialités environnementales dans le respect de l’intérêt collectif« .
Consciente de la complexité de la tâche qui l’attend, la Professeure Nyange Ndambo mise sur une approche multidimensionnelle, condition essentielle pour la réussite de son mandat à la tête de ce ministère.
Pour atteindre ces objectifs, il nous faut :
- Une collaboration étroite et constructive avec toute l’administration de notre ministère
- Un patriotisme élevé, garant d’une défense ferme de nos intérêts nationaux ;
- Une mobilisation efficiente des ressources financières, techniques et humaines pour mener à bien toutes ces réformes ».
Toute étant prioritaire dans son secteur, la nouvelle Ministre a tout de même identifié les priorités des priorités.
« Dès à présent, nos priorités actuelles seront : Achever les réformes prioritaires déjà engagées ; Assainir certains milieux dont la situation exige une intervention urgente ; Mettre en place les mécanismes opérationnels pour garantir la durabilité et la transparence de nos actions« , a-t-elle circonscrit.
Une approche particulière
En dépit de son Curriculum Vitae qui suscite l’admiration du monde environnemental, Marie Nyange Ndambo estime que les défis du secteur nécessite l’implication de tous, particulièrement celle de ses collaborateurs.
« Ensemble, nous ferons en sorte que l’action de notre ministère reflète la grandeur et l’engagement de notre Nation« , a-t-elle lancé.
Docteure en économie (Université de Kinshasa) et en foresterie (Université Laval au Canada), la nouvelle Ministre de l’Environnement et Développement Durable qui cumule plus de 20 d’expérience professionnelle entend implémenter une touche particulière dans ce secteur de la gestion environnementale de la RDC conformément aux ambitions du pays en la matière.
Avec ses 67% de la superficie couverte de forêts représentant 60% de la forêt du bassin du Congo, la RDC entend jouer un rôle crucial dans ce secteur de lutte contre le changement climatique d’où ce surnom de pays solution. Aujourd’hui doté d’une autorité de régulation du marché du carbone, d’un fonds d’investissement pour l’environnement, le pays voudrait renforcer ses actions dans la matérialisation du Fonds perpétuel dédié aux forêts tropicales, du mécanisme de paiement pour les services environnementaux ou encore l’installation d’un centre spécialisé sur le marché du carbone.
La nouvelle alliance stratégique entre la RDC, l’Indonésie et le Brésil disposant respectivement de la deuxième, première et troisième massif forestier du monde permettra à ces trois pays de mutualiser leurs efforts pour l’obtention de la justice climatique singulièrement en faveur des populations locales et peuples autochtones.
La pollution de l’air et plastique en particulier, la déforestation, les inondations, la sécheresse, la destruction de l’écosystème sont autant de défis sur la table de Marie Nyange Ndambo qui semble plus que jamais déterminée pour leur relèvement.
José-Junior OWAWA