Dialogue national en RDC : « Oui au dialogue, mais pas avec les tueurs » (Aaron Mukula, CP64)

Alors que le président Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo a annoncé l’organisation prochaine d’un dialogue national dans un contexte marqué par les efforts diplomatiques visant à mettre fin à la guerre dans l’Est de la République démocratique du Congo, la Coalition des Patriotes pour la Défense des Institutions (CP64) a organisé, ce dimanche 19 juillet 2026, une procession suivie d’un meeting populaire à Ngaba, dans la circonscription électorale de Mont-Amba. Devant plusieurs centaines de sympathisants, son chef de file, Aaron Mukula, a exprimé son soutien au processus de dialogue tout en rejetant catégoriquement toute participation de l’AFC/M23, qu’il qualifie de mouvement responsable de graves exactions contre les populations congolaises.

Une démonstration de soutien aux institutions de la République

Des chants patriotiques, des drapeaux congolais et des slogans en faveur de l’unité nationale ont rythmé la procession organisée dans les principales artères de la commune de Ngaba, avant un meeting populaire au cours duquel Aaron Mukula s’est adressé à la population.

À travers cette mobilisation, la Coalition des Patriotes pour la Défense des Institutions (CP64) entendait réaffirmer son attachement aux institutions de la République et son soutien à la politique du président Félix-Antoine Tshisekedi face à l’agression rwandaise contre la RDC.

Pour Aaron Mukula, la forte mobilisation des habitants de Ngaba constitue un message adressé aux autorités nationales, mais également à la communauté internationale.

« Les jeunes se sont mobilisés pour soutenir le dialogue national. Nous avons accueilli avec satisfaction le message du Chef de l’État convoquant le dialogue », a-t-il déclaré. Selon lui, la paix demeure une aspiration nationale, mais elle ne peut être recherchée au détriment de la justice.

« L’inclusivité ne peut pas effacer les crimes »

L’essentiel de son intervention a porté sur les contours du dialogue national annoncé par le Chef de l’État. Aaron Mukula a expliqué que sa plateforme politique soutient pleinement cette initiative, tout en fixant une limite qu’il juge non négociable : l’exclusion des responsables présumés des violences commises dans l’Est du pays.

« Pour nous, le dialogue, oui, mais nous ne pouvons pas tolérer dans ce dialogue la présence de ceux qui ont tué, de ceux qui ont versé le sang du peuple congolais », a-t-il prévenu.

Le chef de file de la CP64 a directement visé l’AFC/M23.

« L’AFC/M23, ce sont des tueurs. Ils ont encore le sang des Congolais sur les mains. Leur présence est totalement impossible et inutile pour nous », a-t-il renchéri.

À ses yeux, le principe d’inclusivité ne saurait être interprété comme une obligation d’associer toutes les parties sans distinction.

« Nous sommes pour l’inclusivité, mais pas avec les tueurs », a insisté le numéro un de la CP64.

Poursuivant son raisonnement, il a ajouté : « Vous avez tué, vous avez le sang du peuple congolais entre les mains. Comment peut-on vous associer à un dialogue où l’on parle justement des Congolais que vous avez tués ? C’est pratiquement impossible. »

Un appel à la vigilance patriotique

Devant ses militants, Aaron Mukula a invité les Congolais à rester mobilisés derrière les institutions républicaines.

« Nous demandons au peuple congolais de rester vigilant, de soutenir les institutions de la République démocratique du Congo et de s’attacher à la vision du Chef de l’État », a lancé Aaron Mukula.

Selon lui, le président Félix-Antoine Tshisekedi demeure le principal défenseur de la souveraineté nationale.

« Aujourd’hui, si Kagame est dans l’agitation, c’est parce qu’il y a un homme qui s’appelle Félix Tshisekedi et qui veut que la République démocratique du Congo soit un pays respectable », a-t-il enchaîné.

Pour illustrer cet engagement patriotique, il a salué la participation des différentes couches sociales à la manifestation.

« Les mamans, les papas et les jeunes se sont mobilisés. Ils ont marché pour démontrer leur amour patriotique envers la République démocratique du Congo et le Chef de l’État », a fait savoir le leader de la CP64.

Plaidoyer pour un dialogue organisé à Kinshasa

Aaron Mukula souhaite que les futures assises nationales soient organisées sur le territoire congolais et, plus précisément, dans la capitale.

« Notre souhait est que ce dialogue se tienne en République démocratique du Congo, précisément dans la ville-province de Kinshasa », a plaidé l’acteur politique.

Pour lui, cette option permettrait aux forces patriotiques de participer activement aux échanges.

« Nous voulons que les patriotes congolais soient présents à ce dialogue pour défendre les intérêts du peuple congolais. Les dialogues ne doivent pas se tenir hors de la République démocratique du Congo », a poursuivi l’intéressé.

La mobilisation appelée à gagner d’autres communes

La manifestation de Ngaba ne constitue qu’une première étape. À cet effet, Aaron Mukula a annoncé son intention d’étendre cette campagne de sensibilisation à l’ensemble de la ville de Kinshasa.

« Nous allons poursuivre cette mobilisation dans les différentes communes de la ville-province de Kinshasa », a-t-il promis.

L’objectif, selon lui, est de renforcer le soutien populaire aux institutions tout en sensibilisant les citoyens aux enjeux du dialogue national.

L’annonce d’un dialogue national intervient dans un contexte où la RDC cherche à consolider les avancées diplomatiques enregistrées ces derniers mois afin de mettre fin au conflit dans l’Est du pays. Si l’initiative est globalement saluée comme une opportunité de renforcer la cohésion nationale, la question de la participation des groupes armés continue d’alimenter le débat politique.

Pour la CP64, la réconciliation nationale doit s’accompagner d’un impératif de justice envers les victimes des violences. D’autres acteurs politiques, en revanche, estiment qu’un dialogue pleinement inclusif peut constituer un levier pour parvenir à une paix durable. Cette divergence illustre l’un des principaux défis auxquels seront confrontés les organisateurs des futures concertations nationales.

Reçus par le Chef de l’État le week-end dernier, les représentants des confessions religieuses, conduits par le cardinal catholique Fridolin Ambongo, ont déclaré avoir reçu le quitus pour faciliter la tenue d’un dialogue national inclusif afin de tenter de désamorcer la crise sécuritaire persistante dans le pays.

José-Junior Owawa

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