« Nous devons transformer notre économie » : Rachel Pungu Luamba mobilise autour d’une nouvelle vision d’investissement pour la RDC

À l’occasion de la 21ᵉ édition de DRC Mining Week tenue du 17 au 19 juin 2026 à Lubumbashi, l’Agence Nationale pour la Promotion des Investissements (ANAPI) a réaffirmé son engagement dans la promotion de l’attractivité économique de la République démocratique du Congo. À la tête de cette dynamique, Rachel Pungu Luamba (RPL), Directrice Générale de l’ANAPI, multiplie les initiatives visant à renforcer le climat des affaires et repositionner la RDC comme une destination stratégique des investissements. Convaincue que le pays doit désormais dépasser le modèle purement extractif, elle porte une vision axée sur la transformation locale, la création de valeur et le développement durable. Dans cet entretien accordé à Géopolis, réalisé par William Albert Kalengay (WAK), la DG de l’ANAPI revient sur les réformes engagées, les défis à relever et les perspectives d’avenir.

WAK : Madame la Directrice Générale, merci de nous recevoir. L’ANAPI est présente dans les grands rendez-vous économiques et nous sommes ici à Lubumbashi dans le cadre de DRC Mining Week. Avec quel message central êtes-vous venue ?

RPL : L’ANAPI a tenu à prendre part à cette 21ᵉ édition de DRC Mining Week parce qu’il s’agit d’une plateforme stratégique réunissant plusieurs acteurs du secteur minier ainsi que ceux intervenant dans l’ensemble de la chaîne de valeur. Pour nous, c’est une occasion importante de présenter les réformes entreprises ainsi que les avancées enregistrées dans le cadre de l’amélioration du climat des affaires.

Il est essentiel que les investisseurs comprennent qu’en RDC, plusieurs initiatives sont mises en œuvre pour renforcer davantage le cadre légal et réglementaire des investissements. Des réformes ont été engagées dans les domaines de la gouvernance, des technologies de l’information, de la lutte contre la corruption, de la fiscalité et de la facilitation des investissements.

L’amélioration du climat des affaires constitue une condition sine qua non pour attirer davantage d’investisseurs.

WAK : À DRC Mining Week, vous avez insisté sur le fait que la RDC doit cesser d’être uniquement une économie d’extraction pour devenir une économie de transformation. Cela implique-t-il une nouvelle catégorie d’investisseurs ?

RPL : Exactement. La RDC est un grand producteur de cuivre, de cobalt et d’autres minerais stratégiques utiles à la transition énergétique. Mais notre ambition aujourd’hui est d’aller plus loin et de transformer profondément notre économie.

Nous voulons quitter le stade d’une économie essentiellement extractive pour construire une économie de transformation industrielle. Même des projets structurants comme le corridor de Lobito doivent être considérés comme des instruments de développement et de transformation structurelle de notre économie.

Les investisseurs doivent comprendre qu’ils peuvent intervenir sur l’ensemble de la chaîne de valeur. Ceux qui viendront avec une logique de transformation locale devront être davantage accompagnés afin d’encourager la création de valeur sur place.

WAK : Puisque l’amélioration du climat des affaires est votre cheval de bataille, quels sont aujourd’hui les principaux obstacles qui empêchent encore la RDC de devenir un véritable paradis des affaires ?

RPL : L’amélioration du climat des affaires est un processus dynamique et continu. Certains défis sont relevés aujourd’hui, mais d’autres apparaîtront demain.

Nous observons que des avancées importantes ont été réalisées sur le plan du cadre légal et réglementaire. Cependant, des défis subsistent au niveau des services publics, notamment en matière de digitalisation, d’efficacité et de transparence.

Nous devons également renforcer davantage l’efficacité opérationnelle et améliorer l’expérience réelle des investisseurs sur le terrain à travers une meilleure collaboration entre institutions et un dialogue public-privé plus soutenu.

WAK : Vous semblez aujourd’hui plus optimiste. Qu’est-ce qui nourrit cette confiance ?

RPL : Ce qui me réjouit avant tout, c’est la qualité des échanges et des participants réunis lors de cette table ronde. Nous avons identifié plusieurs défis mais, surtout, une volonté commune s’est dégagée pour poursuivre les discussions et trouver des solutions concrètes.

Pour nous, il ne s’agit pas simplement d’une rencontre de plus. Il s’agit d’un cadre qui permet de construire une vision commune entre le secteur public, le secteur privé, les opérateurs économiques, les entreprises et les partenaires.

Propos recueillis par WAK

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