Administrateur au Fonds Minier, mandataire en mines et carrières, avocat et entrepreneur, Auguy Kalonji Ilunga affiche une vision résolument tournée vers le long terme. Rencontré en marge de la DRC Mining Week à Lubumbashi, il revient sur les responsabilités liées à sa fonction, sa perception de l’avenir du secteur extractif congolais ainsi que les enjeux environnementaux et géopolitiques qui entourent l’exploitation des ressources naturelles en République démocratique du Congo. Pour lui, le véritable défi ne consiste pas seulement à exploiter les richesses minières du pays, mais surtout à préparer dès aujourd’hui l’ère de « l’après-mines » au bénéfice des générations futures.
William Albert Kalengay (WAK) : Qu’est-ce qui vous amène à la DRC Mining Week ici à Lubumbashi ?
Auguy Kalonji : Je suis d’abord administrateur au Fonds Minier, mandataire en mines et carrières, avocat et entrepreneur. C’est donc une raison supplémentaire pour moi d’être présent à ce grand rendez-vous qu’est la DRC Mining Week.
WAK : Le Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, en vous nommant à ce poste, a sans doute vu en vous un regard tourné vers l’avenir. Quel sentiment vous anime aujourd’hui dans l’exercice de cette fonction ?
Auguy Kalonji : J’ai le sentiment d’une très grande responsabilité, celle qui anime toute personne à qui l’on confie l’avenir des générations futures. Je le dis avec beaucoup d’humilité. J’avais déclaré il y a quelque temps que j’allais me mettre davantage au travail pour réfléchir au futur de notre jeunesse et des générations à venir. Aujourd’hui déjà, nous nous projetons sur les cinquante prochaines années. Aux côtés du Président du Conseil d’administration KALA, du Directeur général Godard Motemona ainsi que de tous mes collègues administrateurs, nous travaillons déjà sur cette vision à long terme. C’est une responsabilité immense. Peut-être que certains n’en mesurent pas encore toute l’importance, mais nous y accordons une attention particulière.
WAK : On vous connaît également à travers votre engagement avec Terre Jaune, où vous avez travaillé au plus près des populations. Pensez-vous que l’avenir du Congo dépend uniquement des mines ? Les mines sont-elles une fatalité ?
Auguy Kalonji : En réalité, le Fonds Minier représente l’après-mines. Vous comprendrez que le Président de la République y avait déjà réfléchi. Il ne s’agit plus seulement des mines elles-mêmes, mais de ce qui viendra après leur exploitation. C’est exactement le travail que nous menons aujourd’hui : anticiper ce que nous ferons lorsque les ressources minières s’épuiseront. Voilà la mission qui nous a été confiée. Nous pensons à l’après-mines plus qu’aux mines elles-mêmes.
WAK : Aujourd’hui, même si les mines demeurent essentielles, elles soulèvent également de grands enjeux environnementaux. Comment préserver cet avenir face aux risques de pollution ?
Auguy Kalonji : C’est justement tout l’enjeu des normes environnementales. Lorsqu’un périmètre est attribué, des conditions environnementales sont prévues. Chaque acteur travaille dans son domaine afin de protéger l’environnement. Oui, il existe une pollution liée aux activités minières, je dois le reconnaître. Mais un travail de fond est également en cours pour préserver les générations futures face à ces risques.
WAK : En tant que député national, vous avez participé à la ratification de l’accord entre les États-Unis et la République démocratique du Congo. Certains estiment que le pays a bradé ses ressources. Quelle est votre lecture ?
Auguy Kalonji : Ceux qui disent que le Congo a bradé ses ressources cherchent surtout à reprendre le pouvoir. En réalité, nous avons protégé les ressources du pays. Pendant longtemps, ces minerais ont été exploités sans véritable bénéfice pour la RDC, et ils faisaient l’objet de trafics que nous connaissons tous. Aujourd’hui, le Président de la République a mis en place un cadre structuré : le Cadastre Minier, le Fonds Minier, l’Entreprise Générale du Cobalt, entre autres mécanismes. L’objectif est de s’assurer que les ressources minières profitent réellement au peuple congolais. Dire que le Président a bradé les mines revient à ne pas comprendre le contenu de cet accord. J’invite ceux qui le critiquent à prendre le temps de le lire attentivement.
WAK : Cet accord visait également à contribuer au retour de la paix. Pourquoi les résultats tardent-ils à se concrétiser ?
Auguy Kalonji : Vous êtes au courant de l’évolution de la situation dans certaines régions comme Minembwe. La paix est un processus. Je crois qu’elle est en train de revenir progressivement. Aujourd’hui, certains acteurs qui faisaient parler d’eux auparavant semblent moins présents sur la scène publique. Cela montre que certaines dynamiques évoluent. J’estime que le processus a déjà commencé, mais il faut du temps pour que les résultats deviennent pleinement visibles.
Propos recueillis par WAK
