Alors que le pays figure parmi les principaux producteurs mondiaux de cobalt et de cuivre, près de sept Congolais sur dix vivent encore sous le seuil de pauvreté, le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) a dévoilé une nouvelle cartographie de la pauvreté en République démocratique du Congo, mettant en évidence de profondes disparités entre les provinces.
Selon les données de l’enquête sur les conditions de vie des ménages (ECVM 2024), 67,9 % des Congolais vivent sous le seuil national de pauvreté, soit environ 64,2 millions de personnes sur une population estimée à 94,5 millions d’habitants.
L’étude indique que le seuil national de pauvreté est fixé à 5 680 francs congolais par jour et par personne, soit 172 774 FC par mois. Ces chiffres montrent que, malgré une croissance économique soutenue ces dernières années, une grande partie de la population ne bénéficie pas encore pleinement des retombées de cette croissance.
La cartographie réalisée par le PNUD met en lumière plusieurs provinces particulièrement touchées. Le Kwilu, le Haut-Uélé, le Tanganyika et le Kasaï-Central figurent parmi les zones prioritaires en raison de l’ampleur de la pauvreté qui y est observée. L’organisation souligne également la persistance de fortes inégalités territoriales entre les différentes régions du pays.
Les données de l’Institut national de la statistique (INS) révèlent par ailleurs que la pauvreté demeure plus marquée en milieu rural, où vivent près de sept personnes pauvres sur dix. Dans certaines provinces du centre et de l’est du pays, les taux de pauvreté dépassent même les 75 %. Le Kasaï-Central enregistre un taux de 79,9 %, tandis que le Tanganyika atteint 78,5 %.
Pour le ministre du Plan, Guylain Nyembo, ces données constituent un outil essentiel pour orienter les politiques publiques et les investissements sociaux. Elles doivent permettre aux autorités de mieux cibler les interventions en faveur des populations les plus vulnérables.
À travers cette cartographie, le PNUD entend ainsi fournir une base de référence pour une action publique plus efficace, dans l’objectif de réduire les inégalités et d’améliorer les conditions de vie des millions de Congolais encore confrontés à la pauvreté.
Daniella Kalala
