Le parti politique Nouvel Élan a officiellement affiché, ce dimanche 17 mai, son soutien au changement de la Constitution en République démocratique du Congo. À travers un meeting populaire organisé au terrain Assossa, dans la commune de Kasavubu à Kinshasa, la formation politique portée par Adolphe Muzito a pris une position claire dans le débat national autour de la réforme de la loi fondamentale.



“La Constitution de 2006 est née d’un compromis de belligérants. Nous voulons aujourd’hui une Constitution faite par le peuple congolais. Les gens qui ont œuvré à l’actuelle constitution à Sun City, n’avaient jamais été mandatés par le peuple. Ils avaient fait voter cette loi sans avoir réellement expliqué son fond au peuple. Celui qui a promulgué cette constitution en 2006 n’était pas élu. C’est une tricherie”, a soutenu le secrétaire général de Nouvel Élan maître Blanchard Mongomba, qui estime que depuis ces années, “les prémices étaient déjà entachées”.
Un débat de fond
Au cours d’une célébration placée sous le signe du soutien aux institutions de la République et aux Forces armées de la République démocratique du Congo, Blanchard Mongomba a expliqué, sur la forme et dans le fond, le bien-fondé d’un changement de constitution.
Devant des milliers des militants de Nouvel Élan, qui ont répondu en masse à l’appel du parti, dans une ambiance marquée par des chants de ralliement, des animations musicales et des slogans patriotiques, Blanchard Mongomba a détaillé les motivations politiques et idéologiques qui poussent Nouvel Élan à soutenir un changement constitutionnel.
Selon lui, cette position n’est ni opportuniste ni circonstancielle, mais s’inscrit dans une vision existentielle et nationaliste défendue depuis plusieurs années par Adolphe Muzito. Le secrétaire général a rappelé que l’actuel Vice-premier ministre du Budget avait déjà évoqué cette question dès 2019 à travers une tribune consacrée à la réforme constitutionnelle. Pour Nouvel Élan, la Constitution de 2006 porte des “failles originelles” qui doivent être corrigées dans une sorte de table rase afin de partir sur des bases saines. Maître Mongomba soutient qu’en réalité, le mal remonte d’ailleurs depuis les années 1960.
« Tout Lumumbiste a conscience du péché originel. Depuis 1960, nous nous sommes toujours battus pour avoir une Constitution faite par nous-mêmes », a-t-il déclaré devant les militants. Il a estimé que la Constitution actuelle avait été élaborée par des belligérants et promulguée dans un contexte où le pays restait profondément marqué par la guerre.
Au-delà des considérations historiques, Nouvel Élan avance également des arguments de fond pour justifier sa position. Parmi les priorités évoquées figure notamment la question de la titrisation des terres. Selon le parti, la Constitution actuelle ne protège pas suffisamment les communautés locales ni les droits fonciers des Congolais. Le secrétaire général a plaidé pour l’introduction de nouvelles dispositions garantissant une meilleure sécurisation des terres et une reconnaissance plus claire des droits des populations locales.
Le parti souhaite également voir inscrites dans la Constitution de nouvelles notions liées à la décentralisation afin de renforcer la gouvernance provinciale et locale. Pour Nouvel Élan, ces réformes sont indispensables pour adapter les institutions aux réalités actuelles du pays et répondre aux défis de développement.
“De manière démocratique, nous soutenons le changement de la constitution. Ceux qui s’y opposent, c’est leur droit aussi. Mais c’est le peuple qui tranchera”, note Blanchard Mongomba.
Dans son intervention, le secrétaire général a renouvelé le soutien d’Adolphe Muzito et de Nouvel Élan au président Félix Tshisekedi, présenté comme un grand nationaliste engagé dans le relèvement du pays après plusieurs décennies de crise, de violence et d’humiliation. Par la voix de son secrétaire général, le parti Nouvel Élan salue aussi la clairvoyance de l’UDPS, qui déjà en 2006, s’était opposée à l’actuelle constitution.
Des réformes
Blanchard Mongomba a salué les efforts du chef de l’État dans plusieurs secteurs, notamment la réhabilitation des infrastructures routières, la réforme de la justice ainsi que les avancées dans les domaines de la santé et de l’éducation. Le secrétaire général a rappelé le rôle d’Adolphe Muzito dans ce qu’on peut qualifier de révolution des finances publiques en RDC. Du temps où le visionnaire de Nouvel Élan était premier ministre, le budget avait connu un incroyable bond en avant, passant de 800 millions de dollars à plus de 3 milliards. Ces efforts budgétaires, colonne vertébrale de la quasi-totalité des réformes en RDC, se poursuivent encore aujourd’hui, sous la houlette de Muzito, avec la coordination de la première ministre Judith Suminwa, dans le respect de la vision du président de la République Félix -Antoine Tshisekedi.
À cet égard, Blanchard Mongomba indique que, actuellement la RDC devrait avoir un budget de plus 15 milliards de dollars en ressources propres, grâce au collectif budgétaire en préparation. C’est une preuve selon lui du redressement progressif du pays.
Le parti a également mis en avant les progrès enregistrés dans la réhabilitation des routes nationales, la modernisation de la voirie urbaine à Kinshasa, avec un investissement sans précédent dans la construction des routes d’intérêt national et des routes urbaines. Chiffres à l’appui, Mongomba a démontré que depuis l’époque coloniale, jamais les investissements autour des infrastructures n’ont atteint le niveau actuel sous le leadership du président Félix Tshisekedi.
Autre réforme essentielle soulevée par Nouvel Élan, celle pilotée dans le secteur de la justice, avec le recrutement de 5 000 magistrats sous le mandat de Félix Tshisekedi. Autant d’éléments présentés comme des preuves concrètes du changement engagé depuis 2019.
Sur le plan sécuritaire, Nouvel Élan a salué les efforts consentis pour renforcer les capacités des FARDC face aux menaces persistantes dans l’Est du pays. Le parti a affirmé que la RDC a longtemps courbé l’échine face aux agressions extérieures. Maître Mongomba estime que le chef de l’État Félix Tshisekedi travaille désormais à mettre fin au cycle de domination extérieure, de violences et aux tentatives de balkanisation.
Démonstration de force
À travers la mobilisation de dimanche 17 mai, c’est une démonstration de force politique et populaire dont a fait montre le parti cher à Adolphe Muzito. Nouvel Élan qui se présente comme le parti “le mieux implanté à travers toute la RDC”, entend désormais amplifier sa campagne de sensibilisation sur la réforme constitutionnelle. Le parti a annoncé qu’une nouvelle activité réunissant ses responsables provinciaux se tiendra dès le week-end prochain afin de relayer ce message à travers le pays.
En prenant clairement position en faveur du changement de la Constitution, Adolphe Muzito et Nouvel Élan s’imposent désormais comme l’une des principales forces politiques soutenant le changement de la loi fondamentale, un débat essentiel pour la RDC.
Patrick Ilunga
