La situation sécuritaire en République démocratique du Congo a occupé une place centrale lors du Conseil des ministres tenu vendredi dernier. À cette occasion, le Vice-Premier ministre en charge de la Défense nationale et des Anciens combattants, Guy Kabombo Muadiamvita, a présenté un état des lieux détaillé des opérations militaires sur l’ensemble du territoire.
Dans son exposé, le patron de la Défense est revenu sur la persistance de l’insécurité dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Il a également évoqué des poches d’instabilité dans certaines zones périphériques de la ville de Kinshasa. Malgré ce contexte, il a rassuré quant à la détermination des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) à défendre l’intégrité territoriale et à protéger les populations civiles.
S’agissant de la situation à l’Est du pays, le ministre a dénoncé les actions de la coalition RDF/M23, accusée de mener des offensives sur plusieurs fronts. Selon lui, affaiblie par des pertes importantes lors des récents affrontements, cette coalition recourrait désormais au recrutement forcé, y compris de mineurs, dans les zones sous son contrôle.
Par ailleurs, les FARDC ont enregistré des avancées face aux rebelles des Forces démocratiques alliées (ADF). Plusieurs attaques attribuées à ce groupe ont été repoussées dans les provinces du Haut-Uele et de la Tshopo, notamment grâce au renforcement des effectifs et des moyens logistiques sur un axe stratégique reliant Mambasa (Ituri), Wamba (Haut-Uele) et Bafwasende (Tshopo).
Pour rappel, selon Radio France Internationale, les ADF constituent un groupe rebelle ougandais islamiste fondé au milieu des années 1990, initialement composé de mouvements opposés au régime de Yoweri Museveni. Chassés d’Ouganda, ses combattants se sont durablement implantés dans l’Est de la RDC, principalement dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Depuis la période 2017–2019, une faction du groupe s’est rapprochée de l’organisation État islamique, opérant sous la bannière de la Province d’Afrique centrale (ISCAP). Cette évolution a conduit plusieurs pays et institutions internationales à classer les ADF parmi les organisations terroristes.
Les ADF se distinguent par un mode opératoire marqué par une extrême violence, incluant des attaques de villages, des massacres de civils, des enlèvements ainsi que le recrutement forcé, y compris d’enfants. Le groupe s’appuie également sur des réseaux transfrontaliers entre la RDC et l’Ouganda.
Selon des estimations concordantes issues notamment de rapports onusiens et reprises par des médias internationaux, les ADF compteraient entre 1 200 et 1 500 combattants armés, un effectif pouvant atteindre entre 1 600 et 2 500 membres en incluant les femmes et les enfants associés au mouvement.
Héritier Lelo
