Dispositif opérationnel et coercitif de lutte contre l’exploitation minière illicite : ‎Félix Tshisekedi met en place une ” task-force ” autour de Louis Watum Kabamba

Prenant la parole, le vendredi dernier, lors de la traditionnelle réunion du Conseil des Ministres, le Président de la République, Chef de l’État, a évoqué la nécessité de renforcer la gouvernance minière, la lutte contre la fraude minière et l’exploitation illégale des ressources naturelles dont l’or et les 3T dans la partie orientale du pays. Félix Tshisekedi est revenu longuement sur ce sujet avec la plus grande fermeté sur l’urgence et la nécessité de renforcer la gouvernance de du secteur extractif et de mettre fin de façon définitive aux pratiques qui en compromettent de façon significative les retombées pour le bénéfice de la Nation. Bien avant de donner cette instruction, le PR05 a été saisi des informations concordantes, corroborées par le rapport exhaustif de la récente mission d’itinérance du Ministre national des Mines, Louis Watum Kabamba, dans le nord-est du pays, faisant état du développement préoccupant d’une exploitation minière anarchique et cavalière dans certaines parties du territoire national dont à Aru et Mahagi (Ituri) ainsi qu’à Poko et Ango (Bas-Uélé) et à Lubutu (Maniema), menée en dehors de tout cadre légal et réglementaire.

‎A en croire ce rapport, ” ces activités se caractérisent par des atteintes graves et inacceptables à la dignité humaine, à l’environnement et à l’autorité de l’État notamment, la profanation des sépultures avec l’exhumation des restes humains, la destruction des terres agricoles, la pollution des nappes aquifères par l’usage des substances toxiques telle que la cyanure, l’acide sulfurique… ainsi que des traitements inhumains et dégradants, y compris des arrestations arbitraires des autorités coutumières et des citoyens dénonciateurs ”.

‎Au-delà de ces violations, il s’agit, selon notre source, d’une véritable spoliation organisée des ressources naturelles de la RDC opérée à grande échelle au moyen des engins lourds pour l’extraction de l’or et d’autres minerais stratégiques en valeur se chiffrant en milliards USD par an sans bénéfice pour le Trésor public et les communautés impactées.

‎Pour le Président de la République, ” cette situation est inacceptable tant qu’elle porte atteinte à notre souveraineté économique, compromet la soutenabilité de notre environnement et fragilise la cohésion sociale dans les zones concernées ”. Pour Félix Tshisekedi, ce mode d’exploitation minière doit cesser immédiatement. Il a tenu à cet égard à saluer l’initiative du Ministre national des Mines qui a déjà mise en place une Commision mixte associant les Autorités provinciales, l’Administration minière ainsi que les Forces de défense et de sécurité en vue d’identifier les responsabilités et de proposer des mesures correctives appropriées.

‎Afin de renforcer cette dynamique et d’assurer une réponse à la hauteur des enjeux, le Président Tshisekedi a instruit le vice-Premier Ministre, Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité, de la Décentralisation et des Affaires coutumières, Me Jacquemain Shabani Lukoo, le vice-Premier Ministre, Ministre de la Défense Nationale et des Anciens Combattants, Guy Kabongo Mwadiamvita, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, la Ministre de l’Environnement et développement durable, Mme Marie Nyange Ndambo, de se joindre pleinement aux efforts du Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, en vue de la mise en place d’un dispositif opérationnel et coercitif de lutte contre l’exploitation minière illicite. Ce dernier devra intégrer la saisie systématique des engins lourds précités, la traçabilité et la sécurisation des sites de Nzani, Kodo, Kolwezi et Lelemodi, l’identification des exploitants illégaux et leur poursuite judiciaire devant les cours et tribunaux compétents pour des sanctions sans complaisance de tous les auteurs, co-auteurs, complices et réseaux de soutien ainsi que la redistribution dans un cadre légal et transparent des équipements saisis au profit des structures congolaises qualifiées engagées dans une exploitation responsable et conforme aux normes environnementales et sociales.

‎Par ailleurs, Louis Watum Kabamba a été invité à soumettre dans les meilleurs délais, des propositions concrètes visant à doter l’Inspection générale des Mines (IGM) des moyens humains, techniques et financiers nécessaires à l’accomplissement efficace de ses missions.

Plus de 200 Organisations de la société civile en appellent à des réformes concrètes

‎Après le Président de la République, c’est le tour de la société civile de saluer l’élan du Ministre des Mines. À travers une déclaration rendue publique le 25 avril dernier à Kinshasa, la plateforme de la société civile DYCOD-RDC, en collaboration avec le Comité de Crise pour la Paix et la Sécurité en RDC, a exprimé son soutien au dynamisme du Ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, tout en appelant à des actions fortes pour réformer durablement le secteur minier.

‎Signée par son Coordonnateur national, Patient Bashombe Matabishi, la déclaration met en avant une nouvelle approche de gouvernance marquée par la proximité avec le terrain. Selon la société civile, le Ministre s’est illustré par une série d’initiatives, notamment une ronde au sein des services publics sous sa tutelle ainsi qu’une tournée dans les principales provinces minières du pays.

‎Cette démarche, jugée ” rare mais essentielle ”, traduirait une volonté de mieux comprendre les réalités du secteur, longtemps décriées par les organisations citoyennes. Ces dernières dénoncent depuis plusieurs années des failles structurelles, notamment en matière de gouvernance, de traçabilité des ressources, de fiscalité, ainsi que les conditions d’exploitation artisanale et leurs impacts sur les communautés locales.

‎Dans son communiqué, la DYCOD-RDC souligne que ces descentes de terrain doivent désormais déboucher sur des décisions concrètes. ” Le secteur minier, pilier stratégique de l’économie nationale, ne peut continuer à fonctionner en décalage avec les exigences de transparence, d’équité et de développement durable ”, insiste la plateforme.

‎Au-delà des encouragements, la société civile formule des attentes précises.
‎Elle appelle notamment à : 1) l’affectation des coopératives minières dans les ZEA instituées récemment ; 2) au respecter des droits des communautés dans l’exploitation minière ; 3) la lutte contre la présence des personnes non éligibles dans l’exploitation minière artisanale ; 4) la transformation du Service d’Assistance et d’Encadrement de l’Exploitation Minière Artisanale et à Petite Echelle – SAEMAPE – de service public en établissement public, ey enfin ; 5) la mise en place d’un système de tracabilitê national crédible aux yeux des acheteurs internationaux

‎Pour Patient Bashombe Matabishi, les premiers signes observés sous l’impulsion du Ministre laissent entrevoir ” une nouvelle dynamique ” qu’il convient de consolider par des réformes inclusives et structurantes.

‎Enfin, la plateforme, qui regroupe 235 organisations de la société civile, réaffirme sa disponibilité à accompagner les efforts de réforme, tout en maintenant une posture de vigilance. L’objectif affiché reste clair : faire des ressources naturelles de la RDC un véritable levier de paix, de stabilité et de prospérité partagée.

‎Dieudonné Buanali

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *