RDC : Le gouvernement adopte la création d’une réserve stratégique des minerais

Réuni le 10 avril 2026 à la Cité de l’Union africaine, sous la conduite du Président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, le Conseil des ministres a franchi une étape majeure dans la gouvernance du secteur minier. Deux projets de décret structurants ont été adoptés, dont celui instituant une réserve stratégique des substances minérales stratégiques en République démocratique du Congo.

Selon le compte rendu présenté par le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya Katembwe, cette initiative vise à mieux encadrer la gestion des ressources minières, au cœur de l’économie nationale et fortement sollicitées sur le marché international.

Un outil pour stabiliser et valoriser les minerais stratégiques

Dans un contexte marqué par la volatilité des prix des matières premières et la forte demande mondiale en minerais critiques notamment le cobalt, le cuivre et le lithium la mise en place d’une réserve stratégique apparaît comme un levier de régulation.

Ce mécanisme permettra à l’État congolais de stocker une partie de sa production minière afin de :
contribuer à la stabilisation des marchés ;
soutenir une politique de valorisation locale des ressources ;
et renforcer la souveraineté économique du pays sur ses richesses naturelles.

Pour un pays comme la République démocratique du Congo, premier producteur mondial de cobalt, cette réforme s’inscrit dans une volonté affirmée de ne plus subir uniquement les fluctuations des marchés internationaux, mais d’y jouer un rôle plus stratégique.

Un rôle central confié à l’ARECOMS

Dans la foulée, le gouvernement a également adopté un décret modificatif du texte de 2019 encadrant l’Autorité de Régulation et de contrôle des Marchés des Substances Minérales Stratégiques (ARECOMS).

Cette institution se voit officiellement confier la mission de constituer et de gérer cette réserve stratégique. Ce renforcement des prérogatives de l’ARECOMS traduit la volonté des autorités de structurer davantage la chaîne de gouvernance minière, en dotant le pays d’un instrument technique capable d’intervenir sur les marchés.

Une réforme au cœur des enjeux géopolitiques

Cette décision intervient dans un contexte international où les minerais stratégiques occupent une place centrale dans la transition énergétique et les industries technologiques (batteries, véhicules électriques, énergies renouvelables). La République démocratique du Congo, riche en ressources, est ainsi au centre de nombreuses convoitises.

En se dotant d’une réserve stratégique, le gouvernement entend mieux défendre ses intérêts, capter davantage de valeur ajoutée et peser dans les négociations internationales.

Une réunion axée sur les réformes structurantes

À travers ces réformes, l’exécutif congolais confirme sa volonté de transformer ses ressources naturelles en véritables leviers de développement, en passant d’une logique d’exportation brute à une approche plus stratégique, tournée vers la maîtrise et la valorisation de ses richesses.

José-Junior Owawa

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