Kobold Metals a signé un mémorandum d’entente avec le Burundi pour mener des explorations du sous-sol. La firme américaine, à la quête des minerais essentiels à la transition énergétique américaine, veut mener des recherches pour une éventuelle exploitation du lithium, cobalt, cuivre ou d’autres métaux. Cette société fait savoir qu’elle envisage de numériser les données géologiques du Burundi d’ici le mois de juillet prochain. “Heureux d’aider à numériser les données géologiques du Burundi et à les rendre immédiatement publiques pour stimuler la découverte et le développement économique”, affirme cette entreprise soutenue par les milliardaires Jeff Bezos et Bill Gates. La cérémonie s’est déroulée à Washington, en présence de Sarah Troutman, sous-secrétaire d’État adjointe aux Affaires africaines, qui a présidé la séance.
Le mémorandum a été signé entre Hassan Kibeya, ministre burundais des Ressources minérales, de l’Énergie, de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme ainsi que les sociétés minières américaines Life Zone Metals et KoBold Metals. Ces sociétés étaient représentées par leur DG, Chris Showalter, et leur directeur juridique.
Le mémorandum signé prévoit que KoBold Metals “visite le Musée royal de l’Afrique centrale (MRAC) [en Belgique] au plus tard en mai 2026. Kobold Metals s’attèlera à commencer à publier des données du Musée sur leurs son site Web à l’intention du public avant le 1er juillet 2026”. L’entreprise américaine fait valoir “sa capacité technique et financière à inventorier, numériser et publier des archives géoscientifiques de grande envergure, notamment à travers des initiatives de numérisation comme celles en cours en Zambie et en République démocratique du Congo, ainsi que la numérisation d’archives au MRAC à Tervuren [Belgique]”.
Le Burundi comme la République démocratique du Congo ont une grande partie des archives géologiques gardées au musée royal d’Afrique centrale en Belgique, l’ancienne puissance coloniale. Au mois de février de cette année, alors que KoBold Metals souhaitait avoir accès aux archives du musée belge dans le cadre d’un accord similaire signé avec la RDC en juillet 2025, la Belgique a fait part de sa réticence à donner à la société américaine ces documents importants. La ministre belge de la politique scientifique Vanessa Matz avait rétorqué que “Kobold Metals ne peut pas s’approprier les documents originaux car la Belgique n’a pas signé cet accord”. Le musée et la Belgique ont néanmoins assuré qu’ils remettraient à la RDC les archives numérisées. La numérisation par la Belgique devrait prendre quelques années.
Un temps relativement long pour KoBold Metals qui veut digitaliser rapidement les documents et ainsi procéder à une exploration du sous-sol en utilisant l’intelligence artificielle.
Dans le cas de la RDC, le directeur du musée belge avait fait savoir que les archives ne sont pas destinées à être données à une entreprise. “C’est beaucoup d’archives. Privatiser cela ne nous semble pas équitable et serait de nature à donner un avantage commercial important à une société par rapport à une autre, ce qui ne correspond pas à notre identité de service public et scientifique”, avait argué Bart Ouvry.
Reste à savoir si le musée aura la même réponse pour ce qui est du Burundi.
Les points essentiels du MoU
À travers le mémorandum signé, le Burundi estime qu’il s’agit d’une étape importante pour renforcer la coopération avec le secteur minier américain.
Le mémorandum est signé pour trois ans de validité avec une possibilité de renouvellement. KoBold Metals s’est engagé à mettre à disposition d’experts afin de procéder à l’analyse de grandes bases de données géoscientifiques et identifier de nouveaux gisements minéraux en utilisant une technologie avancée et l’intelligence artificielle.
Des investissements miniers pourraient suivre ces recherches.
À travers cette société, c’est l’ambition des États-Unis d’Amérique autour des minerais critiques qui s’affirme davantage. Washington veut mettre le grappin sur des ressources naturelles essentielles dans le but de contrecarrer la montée de la Chine en ce domaine et s’assurer le monopole de la superpuissance.
Patrick Ilunga
