Kasaï – Infrastructures : Le FONER au cœur de la lutte anti-érosive à Tshikapa

Sous la conduite du Gouverneur du Kasaï, Crispin Mukendi, la délégation du ministre des Infrastructures, John Banza, a effectué le 01 mars 2026, une mission d’itinérance à travers plusieurs sites érosifs et ouvrages stratégiques financés par le Fonds National d’Entretien Routier (FONER) dans la province du Kasaï.

Composée notamment des responsables de l’Office des Routes, de l’Office des Voiries et Drainage (OVD), du Fonds National d’Entretien Routier (FONER) et d’autres agences techniques intervenant dans le financement et l’exécution des travaux routiers, la délégation a visité les sites de Ntumba Mwena Mwanza, Songagik et l’école primaire Kapongo, où des travaux de stabilisation ont permis de freiner l’avancée des têtes d’érosion menaçant habitations et infrastructures publiques.

Des ouvrages structurants pour sécuriser la mobilité

Au lieu-dit Bondo, situé à près de 110 kilomètres de Tshikapa sur la Route nationale n°1, un imposant dalot financé par le FONER et réalisé par l’Office des Routes permet aujourd’hui de contenir une érosion qualifiée de « gigantesque » par les techniciens.

Même constat au pont Loanghe, infrastructure stratégique pour la connectivité régionale, où la délégation a pu évaluer l’impact des travaux de renforcement entrepris grâce aux financements du FONER.

Sous le leadership de son Directeur général, Pierre Bundoki Ndongala, l’établissement public multiplie les interventions pour préserver l’habitat urbain de Tshikapa et assurer la pérennité des axes routiers vitaux.

Contexte : des infrastructures fragilisées dans le Kasaï

La province du Kasaï fait face depuis plusieurs années à une dégradation accélérée de ses infrastructures routières, conséquence combinée des pluies diluviennes, du manque d’entretien préventif accumulé sur plusieurs décennies et d’une urbanisation peu planifiée.

Les érosions spectaculaires observées à Tshikapa et le long de la RN1 ont non seulement menacé des quartiers entiers, mais également perturbé la circulation des biens et des personnes, affectant les échanges économiques dans cette province enclavée.

Dans ce contexte, les interventions du FONER s’inscrivent dans une logique de sauvegarde d’urgence, mais aussi de modernisation durable du réseau routier provincial.

Objectif : porter les recettes à 300 voire 500 millions USD

Au-delà des réalisations sur le terrain, le FONER affiche des ambitions financières majeures. L’établissement entend pratiquement doubler, voire tripler ses capacités de mobilisation de ressources pour atteindre un palier compris entre 300 et 500 millions de dollars américains par an.

Plusieurs leviers sont activés :

– La collecte effective de la redevance annuelle sur la charge à l’essieu, destinée à lutter contre la surcharge des poids lourds, principale cause de dégradation prématurée des chaussées ;

– La réforme de la loi régissant le FONER, afin de renforcer son autonomie financière et ses mécanismes de contrôle ;

– Les nouveaux pouvoirs consacrés par la Loi des finances 2026, qui autorisent notamment l’établissement à sceller les installations des contrevenants en cas de non-paiement des redevances dues ;

– La révision à la hausse de la taxe sur le transport des produits pétroliers, actuellement fixée à 10 dollars américains, avec la volonté de la ramener à son tarif initial de 100 dollars américains afin d’accroître significativement les recettes affectées à l’entretien routier.

Parallèlement, le FONER s’est engagé dans un vaste chantier d’amélioration qualitative, incluant la quête de la certification ISO 9001 et la modernisation de ses procédures internes.

Une vision alignée sur la politique nationale

Ces ambitions s’inscrivent dans la vision du Président de la République, Félix Tshisekedi, qui place les infrastructures parmi les piliers de la transformation économique du pays.

En renforçant ses capacités de mobilisation des ressources et en consolidant la gouvernance du secteur routier, le FONER entend jouer un rôle central dans la relance des infrastructures au Kasaï et à l’échelle nationale, afin de garantir un réseau routier durable, sécurisé et porteur de croissance.

José-Junior Owawa

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