Dialogue Intercongolais en gestation à Luanda… : Le grand bluff ?

La paix en RDC passera-t-elle par Luanda ? Certains observateurs ont tablé sur une Table Ronde à venir en terre angolaise,  sur le monde du dialogue de Sun City, qui avait permis à la RD Congo de clore un cycle de violence. Pourtant tous ont déchanté après que le président de a République Félix Tshisekedi a annoncé que si dialogue il y aura, cela devrait se passer au Congo-Kinshasa. Les mots du chef de l’État avaient été d’une fermeté qui ne laissait place à aucun débat, aucun doute. “Si ce dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national, et serait conduit et organisé par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des règles démocratiques qui fondent notre pacte national”.

Tout était clair. Pourtant, moins de deux semaines après, depuis Luanda, un communiqué annonçait que l’Angola avait reçu “le mandat d’entamer des consultations avec toutes les parties congolaises concernées, dans le but de créer les conditions nécessaires à la tenue du dialogue intercongolais”, considéré comme essentiel pour la stabilisation politique et sécuritaire en RDC. Le communiqué a été rendu public à l’issue d’une réunion de haut niveau qui avait réuni le président de la République d’Angola et président en exercice de l’Union africaine, João Gonçalves Lourenço, le président de la RDC, Félix Antoine Tshisekedi, le président du Conseil de la République togolaise et médiateur de l’Union africaine, Faure Gnassingbé, ainsi qu’Olusegun Obasanjo, représentant les cinq anciens chefs d’État désignés par l’Union africaine comme facilitateurs du processus de paix en RDC.

La réunion de Luanda a clairement fait mention d’un processus où il s’agissait de trouver la paix avec les rebelles. Les participants ont appelé les parties au conflit en RDC à déclarer un cessez-le-feu, qui entrera en vigueur à une date et à une heure à convenir, et ont également encouragé l’accélération de la mise en œuvre des mécanismes de vérification du cessez-le-feu convenus à Doha le 14 octobre 2025.

Les dirigeants ont également rappelé les décisions prises dans le cadre de l’accord de Washington du 4 décembre 2025 et des résolutions 2773 (2025) et 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies, qui préconisent le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

La rencontre de Luanda aborde la problématique de la crise congolaise dans un schéma qui risque de se heurter à une réalité de terrain bien plus complexe. Kinshasa se tient ferme dans une logique de paix mais pas n’importe comment. Le gouvernement l’a plusieurs fois répété. Le chef de l’État l’a dit aussi.

Le président Félix Tshisekedi va-t-il se rendre à l’argument de son alter ego João Lourenço ? Avant le président angolais, les prêtres de la CENCO et leurs compères de l’ECC se sont cassé les dents dans un schéma considéré comme se substituant aux institutions de la République dans la recherche de la paix.

Le processus de paix en RDC poursuit son labyrinthe et nul ne sait d’où viendra la fumée blanche. Entre Luanda, Kinshasa, Doha, Washington ou Lomé, la paix en RDC et une odyssée, une équation à plusieurs inconnus.

Patrick Ilunga

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