L’opposant Jean-Marc Kabund conditionne sa participation au dialogue à son caractère inclusif et à une facilitation neutre, avec pour exigences le respect de la Constitution, de la souveraineté nationale et de l’intégrité territoriale. C’était au cours d’une communication faite ce samedi 7 février à Kinshasa face aux cadres de la Coalition de la gauche congolaise.
L’ancien secrétaire général de l’UDPS a jugé incohérente la démarche de Félix Tshisekedi consistant à fixer les règles du dialogue, alors que, selon Jean-Marc Kabund, le chef de l’État est lui-même considéré comme une partie du problème dans cette crise.
Rejetant les critères fixés par Félix Tshisekedi, le patron de la Coalition des gauches congolaises (CGC) a affirmé que la paix ne se convoque pas comme un meeting, mais qu’elle se construit dans l’équilibre, l’inclusivité et la légitimité.
“Notre position est claire, constante et publique: Nous ne participerons qu’à un dialogue politique véritablement inclusif, conduit par une facilitation neutre, avec comme lignes rouges non négociables: le respect de la Constitution; le respect de la souveraineté nationale; la préservation de l’intégrité territoriale.” a fait savoir Jean-Marc Kabund.
Parmi les préalables posés par l’ancien 2 ème Vice Président de l’Assemblée nationale figurent la libération des prisonniers politiques, l’arrêt des arrestations jugées arbitraires par cet ancien de l’UDPS. Il ajoute : “la liberté de mouvement des acteurs de l’opposition, la fin des intimidations à l’aéroport international de Ndjili, le retour des exilés politiques ainsi que la libération de l’espace public”.
Rappelons que le président de la République avait affirmé, il y a un peu plus d’une semaine, être ouvert à un dialogue entre Congolais lors d’une cérémonie d’échange de vœux organisée à Kinshasa avec les ambassadeurs et diplomates accrédités en RDC. La disponibilité du chef de l’État aux pourparlers était néanmoins assortie de quelques conditions, notamment celle de ne pas remettre en cause les institutions issues du suffrage universel, celle de ne pas revenir sur les décisions de justice qui ont été prises…”Si ce dialogue devait se tenir, il se déroulerait sur le sol national, et serait conduit et organisé par les institutions de la République, dans le respect de la Constitution, des lois de la République et des règles démocratiques qui fondent notre pacte national. Cependant, je le dis avec la même clarté : ce dialogue intérieur, aussi nécessaire soit-il, ne saurait tenir lieu de substitut aux obligations internationales. Il ne peut pas être invoqué pour relativiser une agression, ni pour diluer des responsabilités établies. Comme je l’ai dit lors de mon dernier discours sur l’état de la Nation devant le Parlement réuni en congrès, la justice suivra son cours normal, avec rigueur, jusqu’au bout, et sans complaisance…”, avait souligné le président Félix Tshisekedi.
Didier Ilunga
