La Chine annonce l’interdiction des logiciels étrangers dans ses infrastructures sensibles. Pékin évoque des raisons de sécurité nationale. Une décision qui prouve la montée des tensions technologiques mondiales en interpellant les pays en quête de souveraineté numérique comme la République démocratique du Congo.

La Chine vient de franchir un nouveau cap dans sa quête de souveraineté technologique. Le pays a annoncé l’interdiction totale de l’utilisation de logiciels étrangers au sein de ses infrastructures numériques sensibles, affirmant ainsi sa capacité à réduire sa dépendance aux technologies venues de l’extérieur.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de tensions commerciales et diplomatiques persistantes avec les États-Unis, où la domination technologique est devenue un enjeu stratégique central entre grandes puissances. Le numérique, longtemps perçu comme un espace ouvert et globalisé, est désormais au cœur des rapports de force géopolitiques.

Face à ces défis, les autorités chinoises ont accéléré le remplacement des solutions occidentales par des technologies nationales. Selon plusieurs sources, des entreprises et institutions publiques ont été sommées de cesser l’utilisation de logiciels de cybersécurité développés par une douzaine d’entreprises américaines et israéliennes. L’objectif affiché est sans ambiguïté : reprendre le contrôle des données, sécuriser les systèmes critiques et protéger les infrastructures stratégiques du pays.
Pékin justifie cette orientation par des impératifs jugés absolus de sécurité nationale, évoquant les risques d’espionnage, de sabotage ou d’intrusion via des failles cachées. À l’ère du numérique, où les données constituent une ressource stratégique majeure, la méfiance à l’égard des technologies étrangères tend à devenir une norme plutôt qu’une exception.
Cette évolution soulève une interrogation plus large : assiste-t-on à une fragmentation progressive d’Internet et du numérique mondial, où chaque bloc géopolitique développera ses propres technologies, ses règles et ses réseaux ?
Dans ce contexte, une question s’impose : où en est la République démocratique du Congo ? Le pays affiche des ambitions en matière de souveraineté numérique, mais demeure fortement dépendant de solutions, d’infrastructures et de technologies étrangères, que ce soit pour son administration, sa sécurité, ses télécommunications ou son économie numérique.
À mesure que le numérique devient un pilier de la souveraineté nationale, la RDC devra tôt ou tard faire des choix stratégiques : investir dans les compétences locales, encourager le développement de solutions nationales, sécuriser ses données sensibles et définir une vision claire de son avenir numérique. Car dans un monde de plus en plus fragmenté, ceux qui ne maîtrisent pas leurs outils numériques s’exposent à subir les décisions et les intérêts des autres.
Damany Mujinga
