Dans les entrailles du Congo, une terre d’une richesse rare s’étend sous les pas de millions d’hommes et de femmes. Ici, le cobalt ce métal bleu, discret mais essentiel est devenu le moteur invisible de l’équilibre du monde moderne.


Indispensable aux batteries des véhicules électriques, crucial pour les technologies de défense, stratégique pour l’essor numérique, le cobalt façonne l’avenir. Aux côtés de ce métal, le coltan et le germanium rythment la vie de millions de Congolais. Mais derrière les statistiques industrielles se cachent surtout des visages : ceux de plus de 2 millions de travailleurs artisanaux, dont l’activité fait vivre près de 10 millions de personnes à travers le pays.
Pendant des années, l’exploitation artisanale a évolué dans un environnement fragile. Informalité généralisée, conditions de travail précaires, chaînes d’approvisionnement opaques, présence occasionnelle d’enfants sur les sites miniers : autant de défis qui ont longtemps empêché les richesses du sous-sol congolais de créer la valeur attendue. Les grandes entreprises internationales, elles, n’étaient pas encore tenues de garantir l’origine éthique de leur cobalt.
Face à ce constat, une nouvelle vision s’est imposée. En 2019, l’État congolais a fait de la gestion du cobalt une responsabilité nationale. De cette volonté est née l’Entreprise Générale du Cobalt (EGC), financée par le Fonds Minier pour les Générations Futures et opérationnalisée par la Gécamines. Sa mission : organiser, acheter, transformer et exporter les minerais stratégiques tout en améliorant la vie de ceux qui les extraient.
L’objectif est clair : démontrer qu’un cobalt congolais peut être éthique, traçable et compétitif.
Dans un secteur où l’informel était la norme, chaque sac, chaque site, chaque transaction porte désormais la marque d’un engagement nouveau. L’artisan minier, longtemps invisible, retrouve sa place dans la chaîne de valeur.
Le parcours commence dans les mines, où les communautés artisanales accèdent progressivement à plus de sécurité, de reconnaissance et de dignité. Puis vient l’étape de l’achat : un commerce transparent, où chaque creuseur doit recevoir la juste valeur de son travail. Ces deux piliers constituent aujourd’hui la base du système repensé par l’EGC.
Les autres maillons stockage, transformation, exportation viendront s’ajouter pour renforcer la filière. Triage, contrôle, traçabilité, puis connexion directe au marché mondial : autant d’étapes qui visent à garantir que le cobalt produit au Congo bénéficie d’abord aux Congolais.
Le lancement de l’unité Emilton HT Sécurisée marque une étape majeure. Un symbole fort d’une dynamique engagée, d’un avenir qui s’organise différemment. Dans son sillage, ce sont des milliers d’histoires individuelles qui s’écrivent : celles des mineurs mieux protégés, des ingénieurs qui structurent la filière, des familles qui entrevoient de nouveaux horizons.
Le cobalt congolais renaît. Il se transforme, voyage et relie le pays au reste du monde sans jamais oublier ses origines.
Parce que derrière chaque avancée technologique, il y a une vie. Parce qu’au cœur de cette révolution silencieuse, se trouve la volonté d’un État de faire de la transparence le moteur d’un progrès humain, partagé et durable.
Don Momat
