La science au service de la paix et du développement : Les mots interpellateurs de Kambayi Bwatshia

À l’occasion de la Journée mondiale de la science au service de la paix et du développement, le professeur Kambayi Bwatshia s’est confié à Géopolis Hebdo. Dans une interview, le recteur de l’UNISIC a expliqué ce que la science doit être dans une société comme celle de la RDC. Jean Kambayi Bwatshia a déclaré qu’il était indispensable de parler de la science, avec une insistance sur la conscience pour un peuple qui cherche à se développer : 

« La science sans conscience est ruine de l’âme. Lorsque la conscience se fusionne avec la science, c’est un duo parfait. Donc la façon de voir les choses et de comprendre, c’est-à-dire prendre avec soi pour le développement de soi et des personnes autour de moi », a-t-il déclaré. 

À travers cette approche, il démontre de quelle manière la science, lorsqu’elle est comprise comme telle avec conscience, peut permettre de mieux comprendre afin de favoriser le développement.

Pour le professeur Kambayi, il est plus que temps de réfléchir sur comment adapter l’enseignement de la science aux réalités locales afin de former une élite capable de sortir la société de la crise. Kambayi Bwatshia a donc disserté sur la réflexion du professeur Patient Kabamba, qui avait affirmé que l’enseignement supérieur de par la façon dont il est dispensé détruit l’intelligence des jeunes Congolais, sans leur fournir des connaissances réellement adaptées aux réalités du marché du travail, conséquence du système en place. 

Jean Kambayi adhère à cette affirmation tout en renvoyant au système des époques ancestrales : 

« Mon collègue professeur a tout à fait raison. Nous devons revenir à la manière dont vivaient nos ancêtres, car eux étaient très développés. Ils ont construit des pyramides, des cabanes. Et comment mesuraient-ils les maisons ? Comment savaient-ils que certaines herbes étaient très bien pour faire le toit de la maison, entre autres ? C’est-à-dire qu’il faut revenir à ce système que les Belges ont maudit, pour que nous puissions arrêter ce que l’on fait actuellement, puisque eux nous considéraient comme des gens incapables, parce que nous étions noirs, et ils avaient besoin de nous disqualifier de la civilisation moderne pour aller chercher nos terres riches », a indiqué le professeur. 

La culture occidentale n’est pas un modèle universel. Chaque société a sa propre forme d’organisation sociale, de savoirs et de valeurs modernes. C’est ce qui fait sa force, note-t-il, avec une emphase dont il a le secret.

Un peuple qui veut se développer doit mettre en avant sa propre culture. Car la science ne se limite pas seulement à la connaissance, elle va encore plus loin en rappelant que lorsqu’on prend conscience de ce que l’on apprend, ce qui renvoie au savoir, cela signifie que l’on est sur la voie de la paix et du développement durable.

Rosie Tshiyoyo

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