Opération “T’osa ba t’osa yo” : Jésus Sheke déclare la guerre au désordre routier

Accidents, indiscipline, chaos dans la circulation… Le ministre provincial des Transports, Jésus Sheke, a décidé de dire stop. À travers une vaste campagne de civisme routier baptisée “T’osa ba t’osa yo”, il entend remettre de l’ordre sur les routes de Kinshasa, sauver des vies et réconcilier les usagers avec les règles de sécurité et de respect mutuel.

Dans la capitale, les scènes d’anarchie se multiplient : klaxons à tout-va, motos zigzaguant entre les voitures ou sur les trottoirs, piétons risquant leur vie à chaque traversée. Ce désordre, le ministre veut y mettre un terme. Depuis plusieurs semaines, il sillonne les grandes artères de la ville pour prôner discipline et civisme, deux valeurs qu’il juge essentielles à une métropole moderne.

« T’osa ba t’osa yo, c’est l’expression d’un État qui reprend ses droits. Nous disons non à l’incivisme et à l’impunité », affirme Jésus Sheke, déterminé à restaurer l’autorité publique sur la voie publique.

Pour lui, nul ne doit se croire au-dessus de la loi. L’objectif est clair : faire respecter les règles par tous: conducteurs, motards et piétons afin de garantir sécurité et ordre sur les routes.

Alliant sensibilisation, pédagogie et fermeté, l’opération se veut un tournant dans la gestion de la circulation à Kinshasa. Le ministre le souligne : il ne s’agit pas seulement de sanctionner, mais aussi d’éduquer.

« La route doit redevenir un lieu de vie, pas un champ de drames », martèle-t-il.

Avec T’osa ba t’osa yo, Jésus Sheke veut impulser un véritable changement dans les habitudes des usagers et redonner à la capitale l’image d’une ville disciplinée et exemplaire.

Rencontre avec un ministre déterminé à faire de la route un lieu de vie, et non de drame.

Entretien Géopolis Hebdo

Invité : Jésus Noël Sheke, Ministre provincial des Transports

Thème : Campagne de civisme routier et assainissement de la circulation à Kinshasa

GH :

Monsieur le Ministre, qu’est-ce qui motive cette campagne de civisme routier que vous lancez aujourd’hui ?

Jésus Noël Sheke :

La campagne “T’osa Ba T’osa Yo” est née d’une urgence : garantir la sécurité routière, fluidifier la mobilité et assainir le parc automobile pour mettre fin au désordre que connaît actuellement la ville de Kinshasa.

Cette initiative s’inscrit dans la vision du Gouverneur de la Ville, Son Excellence Daniel Bumba Lubaki, alignée à celle du Président de la République, Chef de l’État, Félix Tshisekedi, qui œuvre sans relâche pour améliorer les conditions de vie et de sécurité des Congolais en général et des Kinois en particulier.

Pour nous, tout doit changer, et tout va changer. La situation actuelle n’est pas une fatalité : c’est une question de civisme routier et de respect des normes. Il est temps de restaurer l’autorité de l’État, l’ordre public, la discipline et le respect des règles sur nos routes.

GH  :

Quels sont les objectifs concrets que vous visez à travers cette initiative ?

Jésus Noël Sheke :

Nos principaux objectifs sont de garantir la sécurité routière, fluidifier la mobilité urbaine et assainir le parc automobile.

Mais au-delà, nous voulons aussi responsabiliser les acteurs du secteur des transports: chauffeurs, receveurs, convoyeurs, motocyclistes  et valoriser leurs métiers.

À l’issue de cette campagne, nous mettrons en œuvre une politique sociale innovante à travers la carte professionnelle du transporteur. C’est une avancée majeure : cette carte permettra d’identifier, d’officialiser et d’assurer une sécurité sociale à tous ceux qui œuvrent dans le transport à Kinshasa.

Elle est une marque de reconnaissance et une formalisation d’une profession longtemps marginalisée, alors que chaque jour, les chauffeurs et motocyclistes garantissent la mobilité d’un Congolais sur cinq.

Enfin, cette campagne vise à redorer l’image de Kinshasa. Il est inadmissible que les visiteurs repartent avec l’image d’une ville où règnent désordre et incivisme. Nous voulons une capitale digne, respectée et respectueuse des règles de circulation.

GH :

Comment se déploie la campagne sur le terrain et quels moyens y sont engagés ?

Jésus Noël Sheke :

Nous disons : “T’osa Ba T’osa Yo : bien se déplacer, c’est respecter les normes.” Cette campagne est avant tout une action de terrain.

Nous avons instauré un cadre de concertation permanent avec les professionnels du transport, qui sont les premiers bénéficiaires de cette opération. Tout se fait avec eux et pour eux.

Nous travaillons main dans la main avec les associations et structures de chauffeurs et de motards, véritables relais auprès de leurs membres.

La presse joue également un rôle déterminant. Grâce à des spots radio et télé, des affiches, tracts et autres supports de sensibilisation, nous voulons atteindre chaque usager de la route. Nul ne pourra dire qu’il ne savait pas.

Je salue aussi la mobilisation spontanée des Kinoises et Kinois, qui se sont déjà approprié cette initiative citoyenne.

GH :

Comment comptez-vous mobiliser les chauffeurs, les motards et les piétons autour du civisme routier ?

Jésus Noël Sheke :

Le Gouverneur Daniel Bumba prône une gouvernance participative et un dialogue social permanent. C’est dans cet esprit que nous avons organisé plusieurs séances de travail avec les chauffeurs et motocyclistes. Leurs recommandations ont été prises en compte, et certaines mesures ont même été allégées à leur demande.

Le civisme routier est l’affaire de tous : conducteurs, passagers et piétons. Le respect des règles n’est pas négociable.

Tous les contrevenants subiront la rigueur de la loi, car aucune complaisance ne sera tolérée. C’est à ce prix que la sécurité de tous sera garantie.

GH :

Quels changements attendez-vous à long terme dans la circulation et les comportements ?

Jésus Noël Sheke :

Nous comptons sur la collaboration active des Kinois pour qu’à court terme, les comportements changent et que la circulation devienne plus fluide.

Tout est mis en place pour une dissuasion à la fois ferme et pédagogique. Notre but n’est pas d’opprimer les conducteurs, mais de les protéger : la sécurité de chacun dépend du respect des règles par tous.

Nous sommes confiants que cette campagne marquera un tournant décisif : plus de circulation en contresens, plus de réparations sur la chaussée, plus de manœuvres dangereuses ni de hausses abusives des tarifs.

GH :

Comment se fait la coordination avec les autres services pour assurer la réussite de cette action ?

Jésus Noël Sheke :

Dans le respect strict des compétences prévues par la Constitution et la loi n°08/012 du 31 juillet 2008 sur la libre administration des provinces, le Gouvernement provincial de Kinshasa collabore étroitement avec la Police nationale congolaise et ses services spécialisés, notamment :

– La Régie des Fourrières et de Contrôle Technique des Véhicules de Kinshasa (RFCK)

– La Brigade spéciale pour la Protection de l’Environnement et du Bien-Être Social (BSPE/BESK)

Nous travaillons également avec des partenaires techniques qui nous appuient dans la mise en œuvre de ce grand chantier qu’est la mobilité et la sécurité routière à Kinshasa.

GH

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