Participant à la première édition de la Conférence nationale sur les infrastructures, le Fonds national d’entretien routier (FONER) s’est dit satisfait du déroulement de ces assises, tout en réaffirmant sa volonté d’accroître davantage ses performances.
Prenant la parole, le directeur général du FONER, Pierre Bundoki, a rappelé la mission essentielle de son établissement, axée sur la mobilisation des ressources et le financement de l’entretien routier.
« Le gouvernement nous a confié la mission de mobiliser des ressources sur base des mécanismes existants afin de financer les travaux d’entretien routier », a-t-il expliqué, précisant que le FONER agit principalement comme un bailleur de fonds au profit d’organismes spécialisés tels que l’Office des routes, l’Office des voiries et drainage (OVD) et l’Office des voiries de desserte agricole (OVDA).




Il a insisté sur le rôle spécifique de son institution, qui n’intervient ni dans le choix des routes à entretenir ni dans l’exécution des travaux. « Les opérateurs sectoriels élaborent leurs programmes annuels et les soumettent au FONER. Nous analysons les requêtes sur base de critères précis, comme le ferait une banque, avant de procéder au financement », a-t-il indiqué.
Des performances en hausse
Le directeur général s’est félicité des résultats enregistrés au cours des cinq dernières années, marqués par une progression moyenne de 30 % des recettes. En 2025, le FONER a mobilisé 207 millions de dollars, avec des projections dépassant les 230 millions pour l’année en cours.
« Ces résultats ne relèvent pas du hasard. Ils sont le fruit d’un travail structuré, basé sur un diagnostic approfondi et la mise en œuvre d’une stratégie claire », a souligné Pierre Bundoki.
Des réformes en profondeur
Pour atteindre ces performances, le FONER a engagé d’importantes réformes internes et externes. Sur le plan interne, l’établissement a procédé à une réorganisation de ses services, notamment en matière de mobilisation des recettes.
« Nous avons restructuré notre dispositif de collecte en créant une direction des recettes composée de fiscalistes expérimentés, chargés d’identifier et de récupérer les ressources là où elles se trouvent », a-t-il expliqué.
La direction financière a également été renforcée, avec l’introduction d’une véritable culture budgétaire. Par ailleurs, la direction technique a été redynamisée grâce au recrutement d’experts qualifiés et à la mise en place d’ingénieurs résidents dans plusieurs provinces.
« Aujourd’hui, chaque grande province dispose d’un ingénieur chargé du suivi des projets financés par le FONER », a précisé le directeur général, ajoutant que tous les recrutements sont désormais effectués par appel à candidatures afin de garantir la compétence.
Renforcement du cadre légal et lutte contre la fraude
Sur le plan externe, le FONER plaide pour une adaptation de son cadre légal. Plusieurs textes sont en cours de révision, notamment la loi régissant l’établissement et certains arrêtés interministériels.
En parallèle, grâce au leadership et la clairvoyance de notre ministre des Infrastructures et Travaux publics John Banza, le gouvernement a renforcé les moyens de coercition de l’établissement à travers la loi de finances 2026. « L’article 68 nous donne désormais la possibilité de recouvrer nos recettes et de sanctionner les contrevenants », a indiqué Pierre Bundoki.
Il a également dénoncé les pertes importantes liées à la fraude, notamment dans le secteur pétrolier où une vigilance de la ministre d’État aux hydrocarbures a remis sonné l’alarme au moment où il le fallait. La ministre d’État, en charge des Hydrocarbures Acacia Bandubola, dont je salue la clairvoyance, dans une lettre, a dénoncé une perte de 800 millions de dollars par des actions de fraude d’un opérateur économique, un importateur de produits pétroliers au Katanga.
Une ambition à la hausse
Malgré les progrès réalisés, le FONER entend aller beaucoup plus loin. L’établissement vise à atteindre un niveau de mobilisation de 600 millions de dollars par an, avec un objectif ultime d’un milliard de dollars.
« Nous faisons face à un déficit structurel important. Sur un réseau routier estimé à 150 000 kilomètres, les besoins pour l’entretien des 58 000 kilomètres prioritaires restent énormes », a-t-il expliqué.
En 2025, environ 165 millions de dollars ont été affectés au financement des travaux, un niveau record selon lui, mais encore insuffisant. « Il nous manque près de 400 millions de dollars pour couvrir les besoins actuels », a-t-il précisé.
Un acteur clé du secteur
Au-delà de l’entretien routier, le FONER est également sollicité pour contribuer au financement de travaux de réhabilitation, de construction et de lutte contre les érosions, ce qui accroît la pression sur ses ressources.
Dans ce contexte, Pierre Bundoki a appelé à une réforme globale du secteur routier afin de maximiser l’impact des financements à venir.
« Le chef de l’État a défini une vision ambitieuse en matière d’infrastructures. Le FONER se positionne pour accompagner cette dynamique, mais cela nécessite des moyens adaptés », a-t-il conclu.
Blessed Kuzola
