Les États-Unis quittent l’OMS : Un défi sanitaire s’annonce pour l’Afrique

Les États-Unis d’Amérique ont mis en exécution la décision de Donald Trump de se retirer de l’organisation mondiale de la santé. Le 22 janvier 2026, le département de la santé a annoncé avoir achevé le processus de retrait de l’OMS. Cette décision avait déjà été prise en janvier 2025, au moment même où Donald Trump retrouvait la Maison Blanche. Les États-Unis expliquent qu’ils quittent cette organisation onusienne “en raison de la mauvaise gestion par cette organisation de la pandémie de COVID-19 qui a éclaté à Wuhan, en Chine, de son incapacité à adopter les réformes urgentes nécessaires et de son incapacité à démontrer son indépendance vis-à-vis de l’influence politique inappropriée des États membres de l’OMS”.

Washington cible la Chine et punit le monde entier en punissant l’OMS. Ce n’est pas la première fois que le fantasque président américain amène son pays à quitter cette organisation. En 2020, Trump avait signé un décret présidentiel ordonnant ce retrait. Une décision qui avait été annulée  en janvier 2021 par Joe Biden. La décision de Biden était son premier acte à sa prise de fonctions.

À présent Trump refait son coup, mais propose un modèle bilatérale où les États-Unis devrait régenter les urgences sanitaires. “Les États-Unis sont la première puissance mondiale en matière de protection de la santé publique, de sauvetage de vies et de réponse rapide aux épidémies de maladies infectieuses. À l’avenir, le gouvernement américain continuera à jouer son rôle de leader mondial en matière de santé grâce à des engagements existants et nouveaux directement avec d’autres pays, le secteur privé, des organisations non gouvernementales et des entités confessionnelles. Les efforts menés par les États-Unis donneront la priorité aux interventions d’urgence, à la coordination de la biosécurité et à l’innovation en matière de santé afin de protéger l’Amérique en premier lieu tout en apportant des avantages à leurs partenaires dans le monde entier”, lit-on dans le communiqué du département américain de santé.

L’Afrique plus que jamais exposée

Depuis une année, l’OMS s’était déjà préparée à une décision dure de la part des États-Unis. Mais l’organisation onusienne espérait un changement positif qui n’est pas arrivé.

Sur le continent noir, l’Union Africaine avait ouvertement exprimé sa consternation et son espoir que le maître de la Maison Blanche reconsidère sa position. « En Afrique, les États-Unis ont été l’un des premiers et forts partisans de la création de l’Africa CDC, l’agence technique de l’Union africaine pour les urgences de santé publique qui travaille avec l’OMS et les membres mondiaux de l’OMS pour détecter, préparer, répondre et se remettre des pandémies », avait indiqué Moussa Faki Mahamat, alors président de la Commission de l’UA.

Les États africains qui peinent à se remettre de la suspension de l’USaid, doivent maintenant se passer du soutien américain dans plusieurs programmes. En Afrique, les États-Unis soutenaient des projets majeurs. Le gouvernement américain était particulièrement impliqué dans la lutte contre le VIH-Sida, la tuberculose, la poliomyélite ou le paludisme et toutes les maladies infectieuses tropicales négligées.

 Les dirigeants de l’OMS doivent se réunir début février pour décider comment s’organiser sans les États-Unis. Ils ont déjà annoncé devoir licencier massivement cette année. Près de 2300 postes doivent être supprimés dans le monde.

Ex principal donateur

Les Etats-Unis étaient de loin le principal donateur de l’organisation onusienne et les conséquences seront lourdes pour la santé des Africains, a prévenu la branche afrique de l’OMS. Rien qu’en 2022 et 2023, les Etats-Unis ont versé plus d’un milliard de dollars à l’OMS. Un chiffre de loin supérieur aux autres États membres. À titre de comparaison, sur cette période le financement de la Chine est autour de 80 millions de dollars.

Le retrait de Washington affectera forcément la recherche dans le domaine de la santé et la riposte aux diverses maladies sur le plan mondial. Le fonctionnement même de l’organisation, sera impacté, déplore le docteur Abdourahman Diallo, directeur de la gestion des programmes à l’OMS Afrique. “Perdre ces financements entraîne des perturbations majeures dans les services rendus aux pays”, regrette Diallo qui conseille qu’il va “falloir se serrer la ceinture et privilégier certains programmes au détriment d’autres”.

Patrick Ilunga

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