Après les importants embouteillages observés à la veille de Noël, la circulation reste sous forte pression dans la capitale congolaise à l’approche des célébrations du Nouvel An 2026. Les autorités et les usagers anticipent une intensification du trafic sur les principaux axes de Kinshasa, dans un contexte marqué par une forte mobilité liée aux fêtes, aux déplacements familiaux et aux activités commerciales de fin d’année.
Du boulevard Lumumba à la route de Matadi, en passant par les avenues de l’Université, du 24 Novembre et le rond-point Huileries, les ralentissements observés ces derniers jours pourraient s’accentuer à mesure que les habitants multiplient les déplacements pour les préparatifs du 31 décembre et du 1er janvier.
« Si c’était déjà compliqué avant Noël, on s’attend à ce que ce soit encore pire pour le Nouvel An », confie Grâce Mwamba, employée dans une société privée.
« Beaucoup de gens se déplacent en même temps, pour les achats, les visites et les festivités. » Même inquiétude du côté des transporteurs : « À la fin de l’année, la demande explose, mais avec les embouteillages, nous perdons beaucoup de temps et de revenus », explique Patrick M., chauffeur de taxi-bus. « Les clients aussi en pâtissent. »
Une pression accrue sur le réseau routier
Selon la Commission nationale de prévention routière (CNPR), la période comprise entre le 28 décembre et le 3 janvier enregistre généralement un pic de trafic supérieur à celui de Noël, en raison de la combinaison des déplacements festifs, des voyages interprovinciaux, des retours de congé et des activités commerciales de dernière minute. « Le Nouvel An concentre souvent plus de déplacements que Noël, notamment en soirée et dans la nuit du 31 décembre », indique un responsable de la CNPR. « Les infrastructures actuelles, déjà saturées en temps normal, auront encore plus de mal à absorber cette demande. »
Des défis opérationnels pour les autorités
La Police nationale congolaise, via la Police de circulation routière (PCR), annonce le maintien et le renforcement des dispositifs de régulation autour des grands carrefours, des marchés, des lieux de culte et des sites festifs.
Cependant, plusieurs difficultés structurelles persistent : dysfonctionnement récurrent des feux tricolores, stationnements anarchiques, accidents mineurs fréquents, non-respect du code de la route et manque d’infrastructures alternatives.
« La gestion du trafic pendant les fêtes est un véritable test pour la ville », reconnaît un cadre du ministère des Transports. « Cela met en lumière les limites du réseau, mais aussi la nécessité d’investir davantage dans les routes, les transports publics et la régulation intelligente de la circulation. »
Un enjeu qui dépasse la période des fêtes
Pour de nombreux observateurs, les embouteillages des fêtes ne sont que le révélateur d’un problème plus profond lié à la croissance rapide de la population, à l’augmentation du parc automobile et à l’insuffisance des infrastructures urbaines.
Les autorités de la ville sont ainsi appelées à transformer cette période critique en opportunité pour accélérer les réformes : modernisation du réseau routier, développement de transports collectifs efficaces, meilleure planification urbaine et renforcement de la discipline routière.
À l’approche de 2026, les autorités appellent les usagers à anticiper leurs déplacements, à privilégier les heures creuses lorsque cela est possible et à faire preuve de patience et de courtoisie sur la route, afin de limiter les tensions et les risques d’accident pendant cette période de forte affluence.
José-Junior OWAWA
