L’armée congolaise a officiellement lancé ce 29 mars 2026 à Kisangani dans la province de la Tshopo, une nouvelle phase d’opérations contre les rebelles des FDLR, dans un contexte sécuritaire marqué par des signaux convergents de recomposition militaire et diplomatique dans l’Est de la République démocratique du Congo.
À Kisangani, le Général Ychaligonza Jacques, commandant adjoint de l’état-major général des FARDC, a donné le coup d’envoi de la traque des éléments des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) encore présents sur le territoire congolais. La cérémonie s’est tenue au centre d’entraînement militaire du camp Général Bauma, peu après son arrivée à l’aéroport de Bangboka.
Dans son adresse aux troupes, l’officier Général a insisté sur une approche combinant fermeté et ouverture : « De gré ou de force, ils doivent nous rendre les armes. Nous n’avons pas besoin de l’effusion du sang », a-t-il déclaré, précisant que les combattants qui se rendront seront cantonnés dans des sites sécurisés à Kisangani avant leur rapatriement vers le Rwanda.
Selon les autorités militaires, cette opération s’inscrit dans le cadre de l’Accord de Washington conclu entre Kinshasa et Kigali, avec un suivi annoncé de la communauté internationale. Pour ce faire, trois bataillons seraient déjà mobilisés pour cette mission, dont le déploiement est imminent.
Un contexte régional en mutation
Cette initiative militaire intervient dans un climat sécuritaire en pleine évolution dans les provinces orientales du pays, notamment dans les zones sous influence de l’AFC/M23. Plusieurs sources concordantes signalent, depuis quelques jours, des mouvements inhabituels de troupes dans certaines localités du Nord-Kivu.
Des témoins sur le terrain évoquent le retrait progressif de combattants présentés comme appartenant à la fois à la rébellion et à des éléments assimilés à l’armée rwandaise. Si ces informations restent difficiles à vérifier de manière indépendante, elles coïncident avec une accalmie relative observée dans certaines zones auparavant sous tension.
Ces dynamiques alimentent les spéculations sur une possible reconfiguration stratégique en amont d’un processus politique plus large.
Vers une reprise des négociations ?
Sur le plan diplomatique, une source proche du dossier a indiqué qu’une reprise des pourparlers entre le gouvernement congolais et la rébellion serait en préparation. Ces discussions pourraient se tenir en Suisse, sous l’initiative des États-Unis, qui multiplient ces derniers mois les démarches en faveur d’une désescalade dans la région.
Cette perspective intervient après plusieurs cycles de négociations infructueux et alors que la pression internationale s’intensifie pour parvenir à une solution durable au conflit.
Entre pression militaire et ouverture politique
Le lancement de la traque des FDLR par les FARDC, combiné aux mouvements observés dans les zones sous contrôle rebelle et aux signaux diplomatiques, traduit une stratégie à double levier : accentuer la pression militaire tout en laissant ouverte la voie des négociations.
Pour Kinshasa, l’enjeu est double : restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire et répondre aux attentes d’une population lassée par des décennies d’instabilité sécuritaire.
Reste à savoir si cette convergence d’initiatives militaires et diplomatiques pourra déboucher sur une désescalade durable ou si elle ne constitue qu’une phase transitoire dans un conflit aux dynamiques complexes et souvent imprévisibles.
José-Junior Owawa
