Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Li-Botayi, a soumis au Conseil des Ministres tenu le vendredi dernier, pour examen et approbation, le projet de Décret modifiant et complétant le Décret n°08/15 du 28 juin 2008 portant détermination des spécifications techniques des plaques d’immatriculation relevant de la compétence de la Direction Générale des Impôts (DGI).



En effet, ce texte prend en compte les cinq (5) innovations majeures adaptées aux réalités actuelles, à savoir :
1) Le remplacement du code « CGO » par « COD ». Ce qui aligne la codification nationale sur l’abréviation internationale officielle de la République démocratique du Congo, conformément aux normes ISO, et met fin à la confusion historique avec le code « CGO » du Congo-Brazzaville ; 2) L’introduction du Code QR comme élément de sécurité et de traçabilité ; 3) La création d’une Carte Rose électronique d’immatriculation ; 4) L’introduction des plaques personnalisées à titre exceptionnel pour les particuliers, et enfin ; 5) La suppression de la terminologie « plaque minéralogique. »
Autres avantages
Ainsi, les nouvelles plaques d’immatriculation à mettre en circulation seront en plexiglass, un choix du matériau motivé par ses avantages déterminants par rapport à l’aluminium.
Ce texte cristallise une réforme majeure dans la modernisation du système d’immatriculation et la lutte contre la fraude et les contrefaçons des plaques.
Il permettra, selon M. Patrick Muyaya Katembwe, ci-devant porte-parole du gouvernement de la République et Ministre de la Communication et medias, de sécuriser les recettes, de renforcer la transparence et d’améliorer la gouvernance technique et fiscale des opérations d’immatriculation.
Ceci permettra également, selon notre source, de favoriser la mise en œuvre de la règlementation sur la vidéoverbalisation en matière des contraventions routières adoptée par notre Gouvernement en avril 2025.
La DGI a annoncé le 02 janvier dernier le lancement officiel d’une nouvelle plaque minéralogique sécurisée des véhicules, à partir du mardi 06 janvier 2026. Dans un communiqué, la DGI a rappelé que cette nouvelle plaque « conçue conformément aux normes internationales » remplace l’ancienne dans le souci du gouvernement « d’améliorer la sécurité des automobilistes, d’harmoniser le système national d’immatriculation des véhicules et de faciliter le contrôle routier par les services de la police ».
Cette annonce a suscité une vague d’indignation au sein de la société civile et même des associations des conducteurs. L’opinion nationale ne comprenait pas du tout que l’on procède au lancement d’une nouvelle plaque d’immatriculation, alors que plusieurs demandes de l’actuelle plaque peinent à être satisfaites par la DGI.
Cependant, dans l’avant-midi du lundi 05 janvier 2026, une mise au point a été faite par les services du ministère des Finances pour éclairer l’opinion sur cette démarche de la Direction générale des impôts.
Ils précisent, dans un premier temps, que « le lancement de la nouvelle plaque d’immatriculation ne concerne pas les véhicules déjà immatriculés et en circulation à travers le pays ». Ce qui devrait tout de suite mettre fin à la colère de la société civile de manière générale et, surtout, des automobilistes. Ces derniers craignaient d’être asphyxiés par une telle opération, lancée juste après celle du nouveau permis de conduire et du contrôle technique.
« L’opération cible en premier lieu tout véhicule destiné à entrer en circulation pour la première fois en RDC », renchérissent les services du ministère des Finances, en précisant qu’il s’agit évidemment de « tout véhicule non encore immatriculé. Ainsi, il y aura coexistence légale de deux types de plaques d’immatriculation jusqu’au lancement du processus de mise en conformité ».
Le remplacement de l’ancienne plaque par la nouvelle, conforme aux normes internationales, à des coûts réduits fixés par l’arrêté ministériel y afférent (115 USD pour l’immatriculation des véhicules automobiles, 72 USD pour le changement de plaque et 24 USD pour la mutation de véhicules).
Le Gouvernement veut aussi et surtout « lutter contre la prolifération des fausses plaques minéralogiques émises en dehors du système intégré de la DGI ».
Fin 2026, changements de plaque obligatoires
Les automobilistes disposent à ce jour de 12 mois. À partir de fin décembre 2026, « les propriétaires de véhicules encore munis de l’ancienne (actuelle) plaque d’immatriculation seront appelés à se rendre à la DGI pour se soumettre au processus de mise en conformité ».
Il est précisé, par ailleurs, qu’il ne s’agira pas de ré-immatriculé des véhicules, pratique interdite par l’article 59.2 du Code de la Route, mais plutôt « du changement simple de la plaque d’immatriculation, tout en maintenant les éléments enregistrés lors de l’immatriculation initiale ».
Dans cette mise au point, les services du ministère des Finances soulignent que ce processus permettra au Gouvernement « de détecter les fausses plaques, avec pour conséquences : l’imposition de pénalités pour fraude et violation des textes légaux et réglementaires, ainsi que l’obligation de procéder à une première immatriculation légale du véhicule ».
Au cas où la plaque a été obtenue légalement, « le propriétaire du véhicule ne paiera que les coûts réduits prévus pour la mise en conformité ».
La balle est dans le camp de Judith Suminwa
Les nouveaux acquéreurs de nouvelles plaques d’immatriculation aux standards internationaux dont le nombre est estimé à plus d’un million sont appelés à prendre leur mal en patience. La balle est dans le camp de la Première Ministre, Judith Suminwa Tuluka, pour signer le projet de Décret afin de rendre opérationnelle cette opération sur toute l’étendue du territoire national avec comme provinces pilotes Kinshasa, Haut-Katanga, Lualaba et Kongo-Central et surtout, de permettre à la société ayant gagné ce marché de lancer les toutes premières plaques d’immatriculation répondant aux normes internationales.
Dieudonné Buanali
