Dialogue politique sous conditions : Martin Fayulu pose ses exigences, la majorité prône la concertation

La question du dialogue politique continue d’alimenter le débat en République démocratique du Congo, révélant à la fois une volonté d’échange et de profondes divergences sur les conditions de sa tenue.

Le président de l’ECiDé, Martin Fayulu, soutient le principe d’un dialogue inclusif, mais pose des conditions strictes à la participation de l’opposition. 

Selon lui, aucun dialogue ne peut être crédible sans des préalables « clairs, crédibles et vérifiables », seuls garants de sa légitimité et de son efficacité.

Parmi les conditions avancées figurent :

1. Un cessez-le-feu effectif ;

2. La cessation de toute forme de répression visant les voix dissidentes ;

3. La libération des prisonniers politiques et d’opinion ;

4. La levée des condamnations à caractère politique et le rétablissement des droits civiques des acteurs concernés ;

5. La restitution des passeports et le rétablissement de la liberté de circulation ;

6. L’annulation des procédures judiciaires à caractère politique, la levée des mandats d’arrêt et la réparation des préjudices subis.

Pour Martin Fayulu, un dialogue organisé dans un contexte marqué par la répression et l’injustice ne saurait produire de résultats durables. Il insiste sur la nécessité d’éviter les erreurs du passé et appelle à fonder le processus sur trois piliers : transparence, clarté des critères de participation et mise en œuvre effective des résolutions adoptées. Il plaide également pour un diagnostic approfondi des causes internes et externes de la crise congolaise.

De son côté, l’ambassadeur Jean-Thierry Monsenepwo, cadre de l’Union sacrée, estime que le Président de la République, Félix Tshisekedi, n’a jamais fermé la porte au dialogue. 

Selon lui, le Chef de l’État privilégie l’échange et la concertation comme instruments de cohésion nationale et de stabilité institutionnelle.

Par ailleurs, Seth Kikuni souligne que l’opposition n’ira pas au dialogue si celui-ci ne repose pas sur des conditions préalables claires et vérifiables.

 Pour lui, le dialogue ne peut servir à légitimer le statu quo ni masquer des pratiques contraires aux principes démocratiques.

Ainsi, entre exigences strictes de l’opposition et appel à la concertation présidentielle, le dialogue politique en RDC demeure incertain. Sa réussite dépendra de la capacité des différentes parties à dépasser les divergences et à trouver un terrain d’entente au service de l’intérêt national.

Héritier Lelo

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