Face à la recrudescence des violations territoriales attribuées au Rwanda dans la province du Sud-Kivu, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a réuni mardi à la Primature les ministres ayant participé aux Accords de Washington, ainsi que les Vice-Premiers Ministres chargés de l’Intérieur et de la Défense.
Objectif : activer la réponse d’urgence du Gouvernement et assurer la mise en œuvre rapide des engagements pris par le Chef de l’État.
Cette réunion intervient alors que de nouveaux tirs venus du territoire rwandais ont touché des zones civiles de l’axe Kamanyola–Uvira, en dépit de la signature récente par Kigali des accords de Washington. Un comportement que Kinshasa considère comme une remise en cause directe du processus piloté par le médiateur américain.
Depuis Washington, le Président Félix Tshisekedi avait rappelé que la RDC appliquerait les engagements conclus « avec sérieux et rigueur », tout en appelant le Rwanda à en respecter « la lettre et l’esprit ».
Une coordination resserrée autour des engagements de Washington
La cheffe du Gouvernement a insisté sur la nécessité d’un alignement total de l’action ministérielle avec la ligne fixée par le Chef de l’État.
Selon Patrick Muyaya, porte-parole du Gouvernement, les échanges ont porté sur « une situation particulièrement préoccupante », appuyée par les rapports alarmants du CICR et de plusieurs organisations humanitaires.
Ces constats renforcent la pression sur le médiateur américain pour qu’il garantisse le respect de la trêve prévue par les accords.
« Il y a quelques jours, des bombes parties de Bugarama au Rwanda sont tombées sur des cibles civiles. La réunion de ce matin vise à examiner comment répondre efficacement à cette situation », a-t-il expliqué.
Kinshasa dénonce une régionalisation du conflit
Les autorités congolaises affirment que les tirs en provenance du Rwanda se sont rapprochés de la frontière burundaise, ce qui laisse craindre une expansion du conflit au-delà du territoire congolais.
« Le Rwanda viole impunément l’accord signé à Washington. Ce n’est plus seulement une violation : c’est une tentative de régionalisation du conflit », a dénoncé Patrick Muyaya, estimant que Kigali vise désormais également le Burundi.
Le Gouvernement appelle le médiateur américain à intervenir « de toute urgence » alors que des infrastructures civiles comme les écoles, les centres de santé et les habitations ont été touchées.
Contre la désinformation : appel à la vigilance
En parallèle de la crise sécuritaire, le Gouvernement dit constater une recrudescence de manipulations sur les réseaux sociaux.
Le porte-parole a exhorté les Congolais à « une vigilance accrue » et à s’en tenir aux communications officielles pour éviter toute panique alimentée par des campagnes numériques hostiles.
« Nous parlons souvent du poison rwandais. Il faut être très prudent. Nous viendrons rendre compte régulièrement de l’évolution de la situation », a-t-il souligné.
Une action gouvernementale recentrée sur la protection des civils
Au terme de la réunion, la Première ministre a donné des instructions fermes pour accélérer l’application des accords de Washington, renforcer la coordination sécuritaire, unifier la communication gouvernementale et intensifier la protection des populations affectées.
Par cette séance de travail, Judith Suminwa Tuluka entend traduire les acquis diplomatiques récents en mesures concrètes, tout en déployant une réponse humanitaire urgente dans les zones touchées, conformément aux priorités du Programme d’actions du Gouvernement.
Don Momat avec la CellCom Primature
