After Mining Indaba 2026 : Louis Watum visite ” Kudumane Manganese Resources ”, mine opérée par AML Group qui lorgne sur le Kongo Central

Les rideaux sont tombés jeudi à Investing in African Mining Indaba en Afrique du Sud. Après ces assises de quatre (4) jours, le Ministre des Mines de la République Démocratique du Congo (RDC), Louis Watum Kabamba, s’est rendu vendredi dans la province du Northern Cape pour visiter les installations de ” Kudumane Manganese Resources ”.  À en croire la Cellule de communication et presse du Ministère des Mines, ” cette mission s’inscrit dans le prolongement des échanges engagés en marge de l’Indaba avec les investisseurs japonais du groupe Asia Mineral Limited Group (AML Group), en vue d’examiner concrètement leur modèle d’exploitation minière et de transformation industrielle intégrée ”.

‎Sur le terrain, le Ministre Louis Watum a parcouru la mine à ciel ouvert ainsi que les unités de traitement. Il a pu mesurer l’ampleur des investissements réalisés : 164 millions de dollars américains injectés dans Kudumane Manganese Resources et 413,3 autres millions investis dans Pertama Ferroalloys. Ces investissements illustrent un modèle intégré, orienté vers la transformation locale et la création de valeur ajoutée.

‎Au-delà des performances techniques et financières, la délégation congolaise a également porté une attention particulière à l’impact communautaire du projet, notamment en matière d’infrastructures sociales et de services de santé.

‎Ce déplacement stratégique vise à consolider la coopération économique et à positionner la RDC comme une destination prioritaire pour des investissements structurants dans le secteur du manganèse. Pourquoi AML Group et pas les autres miniers ayant des opérations dans la nation arc-en-ciel ?

‎En effet, la province du Kongo Central s’apprête à accueillir un nouveau projet minier d’envergure. La société japonaise AML Group, classée 7e au rang mondial des exportateurs de manganèse, s’est vue confier récemment l’exploitation de gisements situés dans le territoire de Luozi, dans la province du Kongo Central, à l’ouest de la RDC. Une avancée stratégique pour l’économie congolaise.

‎Présenté il y a quelques mois en conseil des ministres par le ministre des Mines, ce projet marque un virage dans la politique de diversification des ressources minières et des partenaires étrangers opérant en RDC. L’État mise désormais sur un élargissement géographique de l’activité minière, dépassant les zones traditionnelles pour intégrer des territoires jusqu’ici peu exploités.

‎AML Group a lancé la phase exploratoire le 21 mai 2025, avec un objectif de 2 millions de tonnes de manganèse extraites chaque année. Cette estimation positionne déjà le projet parmi les plus ambitieux du pays dans ce segment. Les investissements initiaux, bien que non encore détaillés publiquement, incluent à la fois les activités de prospection, les premières installations industrielles et les démarches pour l’obtention des autorisations locales.

‎En misant sur le manganèse, la RDC cherche à équilibrer son portefeuille minier dominé par le cuivre et le cobalt

‎Ce métal, essentiel dans la fabrication d’aciers spéciaux et de batteries, suscite un intérêt croissant dans le contexte de la transition énergétique mondiale. Selon les dernières projections de la Banque mondiale (BM), la demande mondiale de manganèse devrait croître de près de 9 % par an d’ici 2030, portée notamment par le secteur automobile.

‎Le ministre Watum a souligné que ce projet représente une opportunité de développement local dans une région longtemps écartée des grands flux miniers. Il s’agit également d’un test pour la nouvelle politique de décentralisation de l’activité extractive, censée favoriser une meilleure répartition des retombées économiques. L’implication de partenaires asiatiques dans des provinces périphériques traduit aussi un rééquilibrage des relations stratégiques autrefois très concentrées sur des acteurs chinois dans le Haut-Katanga et le Lualaba.

‎Pour que cette initiative prospère, le Gouvernement de la RDC doit faciliter les procédures administratives, à renforcer l’appui institutionnel, et à veiller à la fluidité des partenariats techniques. Un appel qui résonne comme un rappel : l’efficacité administrative est désormais une condition clé de l’attractivité minière.

‎Ce projet, s’il est mené à terme dans les conditions annoncées, pourrait générer des milliers d’emplois directs et indirects, améliorer les infrastructures locales et offrir une nouvelle source de recettes fiscales pour le Trésor public. La mise en place d’un cadre de suivi rigoureux s’annonce toutefois indispensable pour éviter les écueils constatés dans d’autres projets miniers.

Dieudonné Buanali

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