L’Assemblée nationale a déclaré recevable, lundi 2 novembre, la proposition de loi modifiant et complétant le cadre juridique des activités physiques et sportives en République démocratique du Congo. Portée par le député national Serge Chembo Nkonde, ancien ministre des Sports et Loisirs, cette initiative entend adapter une législation vieille de quinze ans aux réalités actuelles du secteur.



Le sport congolais pourrait bientôt évoluer sous un nouveau cadre juridique. Quinze ans après la promulgation de la loi n° 11/023 du 24 décembre 2011 relative à l’organisation et à la promotion des activités physiques et sportives, une réforme est engagée à l’Assemblée nationale pour répondre aux mutations du mouvement sportif.
À l’origine de cette initiative, le député national Serge Chembo Nkonde, élu du territoire de Sakania, dans le Haut-Katanga. Sa proposition de loi a franchi une première étape parlementaire importante, lundi 2 novembre, avec son adoption à l’unanimité en termes de recevabilité. Sur les 351 députés ayant pris part au vote, 350 ont voté pour, aucune voix contre n’a été enregistrée et une abstention a été relevée.
Pour l’ancien ministre des Sports, cette réforme ne se limite pas à une simple actualisation des textes. Elle vise à mieux structurer un secteur qui dispose d’un potentiel humain considérable, mais dont les talents restent confrontés à des difficultés d’encadrement, de formation et d’infrastructures.
« Nous avons du talent, mais il doit être encadré, d’où une loi sportive pour cela », a souligné Serge Chembo Nkonde, mettant en avant la nécessité de permettre aux jeunes sportifs congolais de bénéficier d’une formation de qualité directement dans leur pays.
Seize nouveaux concepts pour adapter la législation
Déposée le 24 février 2026, la proposition de loi prévoit notamment l’intégration de seize nouveaux concepts liés aux activités physiques et sportives. Elle entend également revoir plusieurs dispositions concernant les disciplines sportives et paralympiques, les ligues provinciales ainsi que les modalités de transfert des sportifs entre les clubs.
Parmi les innovations annoncées figure également la limitation à huit ans des mandats des dirigeants sportifs. Une mesure destinée à renouveler la gouvernance des structures sportives et à favoriser une meilleure organisation du mouvement sportif national.
Le texte prévoit par ailleurs un meilleur encadrement des différentes composantes du secteur, notamment les associations, les clubs et le Comité national paralympique. La prise en compte de l’approche genre, la lutte contre le dopage et les discriminations figurent également parmi les enjeux soulevés au cours des discussions.
Au-delà de la gouvernance, Serge Chembo Nkonde insiste sur la nécessité de renforcer les infrastructures sportives. La proposition défend notamment la construction d’au moins un stade dans chaque province et entité territoriale, afin de rapprocher les équipements sportifs des populations et de favoriser l’émergence de nouveaux talents.
Le financement du sport au cœur des préoccupations
La question des ressources consacrées au sport constitue également un axe majeur de cette réforme. Pour son initiateur, l’évolution des budgets alloués au secteur doit désormais se traduire par des investissements concrets, notamment dans les infrastructures et la formation des athlètes.
Le défi est de permettre aux jeunes talents de disposer d’un environnement adapté à leur progression, sans dépendre exclusivement de structures de formation étrangères.
Les débats à l’Assemblée nationale ont également mis en lumière plusieurs préoccupations. Le député Percy Nzuzi a plaidé pour un renforcement de l’approche genre. Jacques Djoli et Élie Kambale ont insisté sur le développement des infrastructures sportives, tandis que la députée Adèle Kayinda a évoqué la nécessité de reconstruire les installations existantes et de soutenir davantage les initiatives sportives en milieu rural.
Ces différentes interventions soulignent l’importance d’accompagner la réforme juridique par une politique publique cohérente, capable de répondre aux besoins des sportifs sur l’ensemble du territoire national.
Une première étape avant l’examen approfondi
Satisfait de l’adhésion de ses collègues députés, Serge Chembo Nkonde voit dans cette recevabilité une avancée pour son initiative de modernisation du sport congolais.
Toutefois, le processus législatif n’est pas encore achevé. La proposition de loi a été transmise à la commission socioculturelle de l’Assemblée nationale, qui dispose de cinq jours pour procéder à son examen approfondi, à son enrichissement et à son toilettage.
Les dispositions définitives devront ensuite poursuivre le parcours parlementaire avant une éventuelle promulgation.
Pour le sport congolais, l’enjeu dépasse désormais le seul cadre juridique. Il s’agit de transformer les ambitions de cette réforme en changements concrets pour les fédérations, les clubs, les athlètes et les millions de jeunes qui aspirent à faire du sport un véritable levier de développement.
Blessed Kuzola
