Les batailles économiques du gouvernement
Le gouvernement accélère son combat sur le front économique pour améliorer la vie sociale des Congolais. Le vendredi 22 août, l’exécutif a invité le nouveau gouverneur de la Banque centrale du Congo au Conseil des ministres. André Wameso a pris la parole pour exposer les développements récents de la conjoncture économique de la République Démocratique du Congo.
Le gouverneur de la BCC a présenté à l’exécutif la politique mise en place pour renforcer la devise nationale, le franc congolais. Il a souligné la nécessité de « favoriser la préférence du franc congolais dans les transactions financières au sein de l’économie, notamment par la création d’un marché des capitaux en franc congolais, grâce à la mise en place généralisée d’un système de fonds de pension complémentaire par capitalisation ; continuer à maîtriser l’inflation (projetée à 7,8 % d’ici la fin de l’année 2025), afin de permettre une baisse du taux directeur (actuellement à 25 %), dans le but d’octroyer davantage de crédits en franc congolais, notamment dans le secteur du logement ».
André Wameso a insisté sur l’importance de favoriser l’épargne en franc congolais, en faisant participer indirectement les clients des banques aux bons de la BCC ainsi qu’aux bons du Trésor. Il a également souligné la nécessité pour les banques de respecter le coefficient de réserves obligatoires en actualisant les réserves cristallisées en francs congolais depuis 2021. Ces actions combinées visent à accroître le pouvoir d’achat des consommateurs congolais.
Concernant le taux de change, le numéro un de la BCC a indiqué que le taux indicatif affiché est de 2 858,7160 CDF pour 1 dollar américain. Sur le marché parallèle, le franc congolais se négocie à 2 859,17 CDF à l’achat et à 2 897,35 CDF à la vente. La Banque centrale du Congo continue à intervenir sur le marché du dollar américain afin de redonner plus de valeur au franc congolais. Le 18 août, la BCC a procédé à une vente de devises d’un montant de 50 millions USD au taux de change de 2 776 CDF pour 1 USD, au bénéfice des banques commerciales, dans le but de stabiliser la monnaie nationale.
À l’approche du dernier trimestre de l’année, ces mesures devraient permettre d’anticiper les effets néfastes de la pression exercée sur le franc congolais, notamment à un moment où les opérateurs économiques se ruent sur les devises étrangères pour acheter à l’étranger les produits très demandés au mois de décembre.
Train de vie des institutions
En plus des actions entreprises par la Banque centrale du Congo, le gouvernement, par la voix de sa cheffe, Judith Suminwa, a assuré que l’exécutif a déjà entamé une politique de rationalisation des dépenses. La Première ministre a confirmé l’application effective de la mesure relative à la réduction du train de vie du gouvernement en République Démocratique du Congo.
Suminwa a déclaré que le Trésor public récupère 30 % des revenus des membres du gouvernement, y compris les siens. Le président Félix Tshisekedi n’est pas épargné par cette politique.
« La réduction du train de vie des institutions, nous l’avons déjà engagée. Vous savez, moi, en tant que Première ministre, tous mes frais sont réduits de 30 %. Tout ce que le Trésor public dépense pour moi est diminué de 30 %, et je ne suis pas la seule : tous les autres membres du gouvernement ainsi que le Chef de l’État sont concernés. Donc ce n’est pas un simple slogan, c’est une mesure que nous appliquons », a-t-elle affirmé.
Elle a poursuivi : « Cette réduction du train de vie nous oblige à revoir sérieusement les dépenses. Vous savez, avec cette guerre, nous n’avons pas pu investir dans le développement comme nous le souhaitons, car une part importante de nos recettes est consacrée aux questions sécuritaires. Cela signifie aussi que nous devons faire des arbitrages dans les différentes dépenses, dans les différentes missions, particulièrement celles à l’étranger », a-t-elle expliqué lors d’une interview donnée au Japon, où elle conduisait une importante délégation composée de sept ministres.
Judith Suminwa a indiqué que cette initiative de rationalisation des dépenses ne devrait pas s’arrêter là. Le gouvernement devrait s’efforcer d’identifier d’autres dépenses à réduire afin d’augmenter les crédits alloués à l’investissement. Elle a illustré cette volonté par une mesure qu’elle-même a prise à son entrée en fonction pour éviter des dépenses inutiles au Trésor public : « Par exemple, nous avons interrompu, l’année dernière, tout achat de véhicules. Moi, en tant que Première ministre, j’ai simplement repris les véhicules de mon prédécesseur ; je n’en ai pas acheté d’autres. Il y a donc un certain nombre de dépenses que nous avons suspendues compte tenu de la situation. Et nous continuons d’analyser la question pour voir où d’autres coupes budgétaires peuvent être faites, afin de libérer davantage de fonds à allouer à d’autres priorités », a conclu la cheffe du gouvernement.
Patrick Ilunga