Un de ces grands esprits congolais, il était
A 84 ans, M. Charles Stanislas Batheas Mollomb s’est éteint, à Brazzaville, le 14 août 2025. Une disparition qui survient, le jour précédant la célébration de la 65eme année de l’Indépendance de la République du Congo. Un pays qui a vu naître M. Charles Stanislas Batheas Mollomb, sur les riches et millenaires terres de la Likouala. Le pays que M. Charles Stanislas Batheas Mollomb a fortement aimé, sa vie durant, l’ayant servi, en toutes circonstances, par devoir, avec courage, loyauté et dignité.
Citoyen congolais le clamait M. Charles Stanislas Batheas Mollomb, c’était un devoir pour lui de se mettre au service de son pays. Et là, par devoir, il entendait se devouer pour quelque chose de plus grand que soi, s’améliorer et aider les autres à s’élever.
Professeur de Philosophie, M. Charles Stanislas Batheas Mollomb « était un homme de savoir, d’engagement et de culture », a écrit sa fille Mme Marie-Stanis Batheas Mollomb, épouse Thomas, dès les premières heures de l’annonce de la triste et accablante nouvelle du décès de son père. Ayant, ajoute Mme Marie-Stanis Batheas Mollomb, épouse Thomas, « consacré sa vie au service de la mémoire, de l’éducation et du dialogue entre les peuples ».
Très tôt investi dans la valorisation du patrimoine africain, le Professeur Charles Stanislas Batheas Mollomb a eu, notamment, pour mission d’organiser les archives de Brazzaville, appelées à conserver, au même titre que celles de Dakar, les traces écrites de l’histoire de la colonisation en Afrique francophone. Une tâche, à la fois, noble et essentielle, pour poser les fondements d’une mémoire partagée.
M. Charles Stanislas Batheas Mollomb a, par ailleurs, contribué à la vitalité du paysage médiatique congolais. Bel orateur, à la maitrise linguistique et résistant au stress, il a rejoint la radio nationale du Congo, tout en exerçant sa vocation première de professeur de philosophie à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville, qu’il a toujours portée avec passion, raison intelligence et rigueur.
Sans se détacher de sa qualité d’enseignant chercheur, tant il croyait aux vertus du dialogue entre sciences et société, notamment par la diffusion de la culture, l’évolution scientifique et technique, le Professeur Charles Stanislas Batheas Mollomb a siegé à d’autres fonctions. Telle cellle d’Ambassadeur Extraordinaire et Plénipotentiaire de la République du Congo en Éthiopie, puis dans les Balkans, Chancellerie installée, à Bucarest, en Roumanie. Ser, par la suite, élu Sénateur au Parlement congolais, à Brazzaville, où est demeurée légendaire l’image de ses brillantes prestations quand il intervenait, d’une voix affirmée, prenante et attirante, agréable à entendre.
Les diverses charges professionnelles qu’a exercées M. Charles Stanislas Batheas Mollomb, toutes remarquables, reflètent l’engagement au travail, de l’homme qu’il était.
En tant que Professeur de philosophie, M. Charles Stanislas Batheas Mollomb a partagé ses lumières et son amour pour la discipline avec des générations d’étudiants. Les initiant aux grands courants philosophiques, tout en les encourageant à développer leur pensée critique et leur capacité d’analyse. Bien plus, aidant les étudiants à comprendre le monde et à trouver leur place dans la société.
De l’univers de ces gens de culture qui font la fierté de leurs États, M. Charles Stanislas Batheas Mollomb a contribué à la promotion et à la préservation du patrimoine culturel, jouant, autour de lui, un rôle crucial, dans la mise en valeur de l’identité culturelle et dans la promotion de la diversité culturelle congolaise. Une posture que complétait ses compétences,
dans la collecte, la conservation et la mise en valeur des documents historiques importants pour le pays, vertu essentielle pour comprendre l’histoire congolaise et éclairer les dirigeants dans la prise des décisions avisées sur son avenir.
M. Charles Stanislas Batheas Mollomb fut une figure active dans la vie politique de son pays. Membre, pur et dur, du Parti Congolais du Travail, il ne transigeait pas sur les principes de base de ladite formation qu’il voulait éthique, donc intégrant des critères moraux dans son fonctionnement, la pratique de l’ensemble des dirigeants et la gestion des militants. C’est ainsi qu’Ambassadeur, M. Charles Stanislas Batheas Mollomb représentait avec fierté son pays à l’etranger, promouvant les intérêts nationaux et renforçant les relations d’amitié avec les Etats de son ressort diplomatique.
La perte d’un être cher est dévastatrice pour une famille. C’est le cas de la mort du Professeur Charles Stanislas Batheas Mollomb qui laisse un vide immense et un sentiment de manque profond autour de lui.
Qui’ici, de ma part, les membres de la famille du Professeur Charles Stanislas Batheas Mollomb, particulièrement Mme et les enfants Batheas Mollomb, d’autres proches, trouvent l’expression de mes condoléances. Dans ces moments de souffrance pour cette famille, des composantes pourraient ressentir une d’émotions, allant du chagrin, de l’affliction à l’abattement. Il est important pour eux de prendre le temps de faire leur deuil et de trouver les moyens de se soutenir les uns les autres et de renforcer la cohésion pendant cette période difficile. Les souvenirs et les réalisations du Professeur Charles Stanislas Batheas pouvant servir de source de réconfort et de force, au delà du deuil.
Puisse le Professeur Charles Stanislas Batheas Mollomb reposer en paix. Lui qui ne me parlait qu’en langue lingala, me désignait par Bokilo, beau frère en français, tout le temps où nous nous sommes connus. Cela, depuis le Collège Catholique Chaminade des Pères Marianistes à Brazzaville jusqu’ à sa qualité d’Ambassadeur, lorsque j’assume les charges de Secrétaire Général par interim des Affaires Etrangères, en passant par nos statuts de collègues à l’Université Marien Ngouabi de Brazzaville.
Le Professeur Charles Stanislas Batheas Mollomb nous quittant, reste à la Nation congolaise, comme pour les citoyens congolais le meritant, qui l’ont précédé, de se pourvoir au traditionnel rituel de la cérémonie officielle et solennelle de l’hommage de la Nation, en mémoire du Professeur Charles Stanislas Batheas Mollomb, au nom de la Patrie Reconnaissante.
Peut-être que, comme le penseraient tous les Philosophes, mon Bokilo, le Professeur Charles Stanislas Batheas, s’exercait à mourir. D’autant que les Philosophes seraient, de tous les hommes, ceux qui auraient le moins peur de la mort.
Adieu Bokilo. Adieu mwana Congo.
Paris, le 16 août 2025
Ouabari Mariotti (Correspondance particulière)