La sécurité routière n’est pas une contrainte, mais une responsabilité partagée pour préserver chaque vie sur nos routes.
À Kinshasa, l’Assemblée provinciale a franchi un nouveau cap dans l’organisation du transport urbain en adoptant un édit destiné à encadrer des taxis-motos, communément appelés « wewa ». Cette décision intervient dans un contexte marqué par une montée des accidents de la circulation impliquant ces engins à deux roues, devenus au fil des années un maillon essentiel de la mobilité quotidienne dans la capitale congolaise.
Face à cette situation préoccupante, les autorités provinciales ont jugé nécessaire de renforcer les mesures de sécurité afin de mieux protéger les usagers de la route. Le nouvel édit introduit ainsi des restrictions claires concernant les passagers que les conducteurs de motos sont autorisés à transporter. Désormais, il est formellement interdit de prendre à bord des femmes en fin de grossesse, des enfants âgés de moins de 12 ans ainsi que des personnes en état d’ivresse. Ces catégories sont considérées comme particulièrement vulnérables et plus exposées aux risques d’accidents.
Selon les responsables provinciaux, cette initiative vise avant tout à prévenir les drames humains et à réduire le nombre d’accidents sur les routes de la ville. Les taxis-motos, bien qu’appréciés pour leur rapidité et leur accessibilité, sont souvent pointés du doigt pour leur implication dans de nombreux incidents, parfois graves.
Le manque de respect du code de la route, l’absence d’équipements de sécurité adéquats et la surcharge des motos figurent parmi les principales causes évoquées.
Sur le terrain, la réaction des conducteurs de motos reste globalement positive. Plusieurs d’entre eux estiment que cette réglementation, loin d’être contraignante, constitue une mesure salutaire pour la profession.
« C’est pour notre sécurité et celle de nos clients surtout transporter des personnes dans ses états constitue un grand danger et j’en suis victime sur le cas d’une femme enceinte qui fallut accoucher en plein trajet»
Confie un motard rencontré dans une artère animée de la capitale.
Certains reconnaissent également que ces nouvelles règles pourraient contribuer à améliorer l’image du secteur, souvent critiqué par les usagers.
Du côté de la population, les avis sont partagés. Si certains saluent une décision qui privilégie la protection des vies humaines, d’autres s’inquiètent des difficultés de déplacement que pourraient rencontrer les personnes concernées par ces restrictions, notamment dans une ville où les alternatives de transport restent limitées.
Les autorités insistent toutefois sur le caractère préventif de cet édit.
Elles appellent les conducteurs au strict respect des nouvelles dispositions, tout en promettant de renforcer les contrôles sur les routes. En cas de non-respect de la réglementation, des sanctions sont prévues. Celles-ci peuvent aller d’une amende à la mise en fourrière de la moto, selon la gravité de l’infraction constatée.
À travers cette réforme, l’Assemblée provinciale de Kinshasa entend instaurer une circulation plus sûre et mieux organisée. Reste à savoir si l’application effective de ces mesures sur le terrain permettra de réduire significativement le nombre d’accidents et d’améliorer durablement les conditions de transport dans la capitale congolaise.
MYRIAM LIKIYO ISIYO
