RDC : Face à l’urgence humanitaire, le gouvernement Suminwa veut refonder la coordination des secours

Le gouvernement congolais entend reprendre la main sur la coordination de la réponse humanitaire. Réunie jeudi au salon rouge de l’Hôtel du Gouvernement, la Première ministre Judith Suminwa Tuluka a présidé la première session annuelle du Cadre national de concertation humanitaire (CNCH), une instance appelée à jouer un rôle central dans la gestion des crises qui secouent la République démocratique du Congo.

Dès l’ouverture des travaux, la cheffe de l’exécutif a dressé un constat alarmant, évoquant une situation « d’une gravité particulière ». Conflits persistants, déplacements massifs de populations, services sociaux sous pression : les indicateurs sont au rouge. L’accès à l’eau potable, aux soins de santé et à l’éducation demeure fortement perturbé dans plusieurs régions.

« Derrière les statistiques, il y a des réalités humaines dramatiques : des familles déplacées, des communautés fragilisées et des enfants privés d’école », a-t-elle souligné, insistant sur l’urgence d’une réponse plus efficace.

Face à ces défis, Judith Suminwa Tuluka plaide pour une réforme en profondeur du CNCH. L’objectif est clair : transformer cet organe en un véritable outil stratégique, capable d’assurer une meilleure coordination entre les acteurs humanitaires et de garantir une répartition claire des responsabilités.

Le gouvernement, sous l’impulsion du chef de l’État, réaffirme par ailleurs son engagement à faciliter une aide « rapide, sécurisée et sans entrave ». La sécurité des travailleurs humanitaires figure également parmi les priorités, dans un contexte marqué par une insécurité persistante, notamment dans l’est du pays. À terme, l’exécutif souhaite amorcer une transition progressive de l’urgence humanitaire vers des actions de stabilisation durable.

Prenant la parole à son tour, la ministre des Affaires sociales et Actions humanitaires, Ève Bazaïba, a appelé à des conclusions concrètes. Elle a insisté sur la nécessité de formuler des recommandations « réalistes et immédiatement applicables », en phase avec les besoins des populations et dans le respect de la souveraineté nationale.

Plusieurs priorités ont été mises sur la table : assurer la continuité des services sociaux essentiels, y compris dans les zones en crise ; lever les obstacles administratifs et fiscaux qui freinent l’action humanitaire notamment en matière de taxation, de dédouanement ou d’immigration ; et renforcer la coopération avec les pays de la sous-région pour faciliter l’accès aux zones affectées, en particulier dans l’Est de la RDC.

Créé en 2013, le CNCH a pour mission de renforcer la coordination entre les différents intervenants, d’améliorer le partage d’informations et de faciliter le lien entre action humanitaire et développement. Mais face à l’ampleur des crises actuelles, les autorités entendent aujourd’hui redynamiser cet outil.

Autour de la table, plusieurs acteurs prennent part aux discussions, dont des représentants du ministère de l’Intérieur, de la société civile congolaise, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et d’autres partenaires humanitaires.

Dans un pays confronté à des crises multiples, cette relance du CNCH apparaît comme un test pour la capacité du gouvernement à mieux coordonner les secours et à répondre aux attentes de millions de Congolais affectés.

Don Momat

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *