L’opération de contrôle technique lancée par le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, suscite une vague croissante de critiques au sein de la population kinoise, entre objectif sécuritaire affiché et dérives dénoncées sur le terrain.

Présentée comme une initiative visant à assainir le secteur du transport urbain et à réduire les accidents de la route dans la capitale congolaise, cette campagne de contrôle peine à convaincre une partie des usagers. Plusieurs témoignages recueillis font état de pratiques jugées abusives et d’un climat de tension entre conducteurs et agents commis à cette opération.
Des incidents ont déjà été signalés dans différents axes de la ville, notamment une altercation entre un chauffeur de taxi-bus et des agents de l’ordre. Une scène qui, selon des témoins, traduit un malaise plus profond autour de l’exécution de cette mesure. « On nous arrête sans explication claire, parfois même lorsque les documents sont en règle », confie un conducteur rencontré sur le boulevard Lumumba.
Au-delà des conducteurs, les passagers se disent également pénalisés. Certains dénoncent des arrêts prolongés et imprévus qui perturbent leur mobilité quotidienne, notamment aux heures de pointe. « Nous sommes souvent contraints de descendre en pleine route et de chercher un autre moyen de transport, ce qui nous expose à des risques », déplore une usagère.
Plusieurs habitants pointent du doigt un manque de professionnalisme de certains agents, accusés d’appliquer les contrôles de manière excessive, voire arbitraire. D’autres évoquent des soupçons de pratiques illicites, alimentant davantage le sentiment de méfiance envers cette opération pourtant censée renforcer la sécurité.
Pour les experts du secteur des transports, la problématique ne réside pas uniquement dans le principe du contrôle technique, jugé nécessaire dans une ville confrontée à un parc automobile souvent vétuste, mais plutôt dans ses modalités d’application. Ils appellent à une meilleure organisation, à la formation des agents et à une communication plus claire envers les usagers.
Face à la polémique, plusieurs voix s’élèvent pour demander aux autorités urbaines de revoir leur approche. L’enjeu, selon elles, est de trouver un équilibre entre la nécessité d’imposer des normes de sécurité strictes et le respect des droits des citoyens.
En attendant d’éventuels ajustements, cette opération continue de diviser l’opinion à Kinshasa, révélant une fois de plus les défis persistants liés à la gestion du transport urbain dans la capitale congolaise.
Héritier Lelo
