Sanctions américaines : Nécessaires mais non suffisantes, selon Mukwege

Les réactions sont unanimes en République démocratique du Congo après que les États-Unis d’Amérique ont annoncé des sanctions contre l’armée Rwandaise et quelques-uns de ses officiers impliqués dans la guerre en RDC.

Si le gouvernement voit en ces sanctions “un signal clair en faveur du respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la République Démocratique du Congo, de la justice ainsi que de la mise en œuvre effective des engagements souscrits dans le cadre des Accords de Washington”, il y a en qui en demandent plus. C’est le cas du docteur Denis Mukwege. Pour lui, bien une les sanctions soient une voie pour taire les armes, il faut plus que ça. Persuadé que la pression diplomatique peut faire brusquement basculer le rapport de force, Denis Mukwege rêve même d’un dénouement similaire à celui de 2013.

“A l’instar du dénouement de la précédente crise de 2012/13 terminée en un simple appel téléphonique du Président américain, la guerre illégale d’agression et d’occupation menée par Kigali et ses alliés du M23 depuis novembre 2021 dans l’Est de la RDC pourrait se terminer rapidement”, écrit le célèbre gynécologue. Pour lui, la plus efficace des solutions est d’étouffer Kigali par une pression diplomatique. Mais pas seulement.

“En effet, le Rwanda est un pays largement dépendant de l’aide étrangère et donc très vulnérable aux pressions internationales. C’est dans ce contexte que nous saluons l’imposition des sanctions annoncées par le Department of the Treasury des États-Unis US Treasury en date du 2 mars à l’encontre des Rwanda Defence Force (RDF) ainsi que de quatre officiers supérieurs de l’armée rwandaise, accusés d’être impliqués dans l’instabilité persistante au Nord-Kivu et au Sud-Kivu”, note -t-il

“Ces sanctions du Trésor américain sont nécessaires mais non suffisantes. Ainsi, nous appelons l’ensemble des partenaires internationaux à reconsidérer ses relations avec le Rwanda et à adopter des sanctions coordonnées pour isoler politiquement, diplomatiquement et économiquement le régime agresseur de Kigali en vue d’assurer l’effectivité des prescrits de la résolution 2773 du Conseil de Sécurité des Nations Unies UN, qui exige un cessez-le-feu immédiat et inconditionnel, le retrait immédiat de l’armée rwandaise de RDC et la fin du soutien au M23 ainsi que le démantèlement des administrations parallèles illégales mise en place par les forces d’occupation”.

Le Prix Nobel appelle l’Union Européenne et d’autres États européens, comme la France ou la Pologne, à suspendre sans plus tarder leur coopération sécuritaire et militaire et à geler l’aide budgétaire directe au Rwanda.

Le gouvernement de la RDC salue quant à lui “la détermination et le leadership des États-Unis dans les efforts pour la restauration de la paix en RDC et dans la région”.

“Le gouvernement congolais demeure pleinement engagé, aux côtés de ses partenaires régionaux et internationaux, à œuvrer pour le rétablissement complet de la paix, de la sécurité et de l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire national”, lit-on dans le communiqué du ministère de la communication de la RDC.

Patrick Ilunga

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *