En marge de Mining Indaba 2026, M. Chen Yi Aaron (CYA) et M. King Kumwimba Kalume ((KKK), respectivement Directeur Général et Manager Stakeholder Relations de la société minière MMG Kinsevere, ont accordé une interview exclusive à Geopolis Magazine, marque déposée du groupe de médias Geopolis Forum, au cours de laquelle, les précités ont annoncé la prolongation de la durée de vie de la mine jusqu’en 2035.




GM : MMG Kinsevere est une entreprise minière trop discrète. Pourquoi ?
KKK : Discrète… Non ! Merci d’abord pour cette invitation. Discrète, je ne le dirais pas. C’est peut-être une manière aussi pour nous de travailler dans le silence, déjà vous nous voyez ici présents à Mining Indaba et demain, pendant la DRC Breakfast 2026, vous aurez la chance de voir tout ce que nous avons realisé. C’est peut-être encore le niveau de communication qui a suivi dans un certain angle. Eh bien voilà, discrète je ne le dirais pas (rires) !
GM : Depuis la création de cette mine, il y a eu plusieurs mutations et changements. Quelle est la situation actuelle de Kinsevere ?
KKK : Vraiment, la mine a beaucoup évolué depuis. Nous avons commencé avec la première phase, nous sommes déjà arrivés à la troisième phase qui n’était qu’un concentrateur, après nous sommes passés à la production des cathodes de cuivre, partant des oxydés de cuivre. Et déjà nous avons évolué, de 2012 jusqu’à de cela une année, nous sommes à la troisième phase où nous avons investi 600 millions de dollars américains pour construire une nouvelle usine qui pouvait nous permettre de produire des sulfurés. Nous sommes encore sur cette phase là et nous venons d’entendre la durée de vie de la mine de Kinsevere jusqu’en 2035. Voilà un peu en gros ce que nous avons pu faire durant les années écoulées.
GM : Beaucoup de plaintes par le passé sur l’impact social et l’environnemental. Est-ce qu’aujourd’hui MMG Kinsevere est en parfaite harmonie avec les attentes de la population exprimées dans le cahier de charges ?
KKK : En tout cas, nous sommes devenus ce modèle de collaboration entre l’État, la population et les communautés riveraines et aussi des entreprises. Nous sommes devenus une référence. Vous pouvez même le vérifier du côté de nos partenaires étatiques, vous verrez que du point de vue participation, alignement du cahier de charges, nos cotisations, nous sommes vraiment en ordre. Et en cela comparativement à beaucoup de zones minières, vous verrez que nous vivons en accalmie avec la population. Nous avons de très bonnes relations et c’est comme ça que déjà le message que nous sommes en train de passer, se basant sur cette bonne et longue expérience, c’est de dire que nous nous projetons même vers l’avenir, nous sommes en train d’entendre notre expension dans cette zone.
GM : Avez-vous des zones d’exploitation artisanale au sein de la mine ?
KKK : Non. Nous n’avons pas de zones d’exploitation artisanale. Mais nous savons qu’autour de nous, il y a des communautés, et nous avons appliqué une stratégie telle que la sécurité. A ce sujet, nous travaillons avec les communautés. Nous enrolons une partie de notre personnel de sécurité dans la communauté. Conséquence, nous avons moins de personnes qui ont des problèmes des subsides et qui participent même à la sécurisation de notre site. Cedt une stratégie d’approche qui fait que la communauté s’approprie même l’exploitation.
GM : Quel est le message central que vous avez amené ici à Mining Indaba ?
KKK : Le message central, je pense que je veux laisser Monsieur le Directeur Général (Ndlr : Chen Yi Aaron) revenir là-dessus, mais pour le précéder, nous sommes comme la thématique parle même du partnership, nous sommes venus avec un message simple : nous avons de support financier, nous avons la technologie, nous avons l’expertise nécessaire, nous sommes ouverte à la croissance. Nous sommes ouverts aux nouvelles acquisitions, joint-ventures et partenariats. Voilà en fait. Nous voulons croître, nous voulons croître en partenariat.
GM : Avez-vous peur du deal américain ? Sentez-vous bousculer par cet accord entre la RDC et les États-Unis ?
KKK : Nous, comme vous l’avez entendu, nous sommes ouverts aux partenariats. Dans l’ensemble, j’ai aimé hier l’intervention de Son Excellence le ministre des Mines, Louis Watum Kabamba, qui a mentionné un fait : quelle que soit l’origine des capitaux, l’investissement doit d’abord bénéficier aux congolais. Et nous, nous avons un principe qui nous est cher ” We mine for progress ”, c’est-à-dire nous nous ne venons pas pour piller, prendre et laisser des trous béants après l’exploitation, si on peut utiliser ce terme un peu fort, nous voulons amener le progrès auprès des populations congolaises. Nous n’avons pas peur, cela ne nous inquiéte pas !
GM : MMG Kinsevere est une entreprise minière. En quoi est-elle différente des autres ?
CYA : MMG est cotée à la Bourse de Hong Kong, avec son siège social à Melbourne et des actifs situés dans plusieurs régions du monde. Bien que nous soyons soutenus par des capitaux d’origine chinoise, nous opérons avec une équipe de direction et une main-d’œuvre hautement internationales. Présente en République Démocratique du Congo (RDC) depuis plus de 20 ans, MMG Kinsevere se considère également comme une entreprise locale. Nous avons constamment démontré notre engagement à long terme ainsi que la valeur que nous apportons au pays.
GM : Le gouvernement congolais recherche des entreprises minières capables de créer de la valeur ajoutée et non seulement d’exporter des concentrés. Peut-il compter sur MMG Kinsevere ?
CYA : Contrairement à de nombreuses compagnies productrices de cuivre qui exportent du concentré, MMG Kinsevere produit localement du cuivre cathodique fini. Cela signifie que nous créons de la valeur ajoutée dans le pays en transformant le minerai en produit final avant son exportation, contribuant ainsi davantage à l’économie nationale.
GM : Le cuivre est souvent accompagné d’autres métaux. Il est reproché à MMG Kinsevere d’exporter ces produits accompagnateurs sans que l’État en bénéficie pleinement. Est-ce vrai ?
CYA : Concernant la question que vous avez soulevée, je ne suis pas informée du point spécifique mentionné. Toutefois, je peux confirmer avec assurance que MMG respecte strictement le cadre réglementaire et demeure 100 % conforme aux lois et normes applicables.
GM : Quel message adressez-vous aux communautés congolaises qui espèrent, grâce aux mines, atteindre le développement socio-économique ?
CYA : En matière d’emploi et de développement local, MMG a recruté plus de 800 employés nationaux. Nous avons de solides exemples d’évolution interne et de renforcement des capacités. Par exemple, King kalume travaille dans l’entreprise depuis plus de 15 ans : il a débuté en tant que jeune diplômé et occupe aujourd’hui un poste de direction senior. Un autre exemple est celui d’une jeune Congolaise parmi nous. Elle a étudié en Chine et est revenue dans son pays pour construire sa carrière au sein de MMG. Cela reflète la valeur globale que MMG apporte à la RDC. Nous ne produisons pas seulement du cuivre ; nous transférons également des connaissances, créons des opportunités et contribuons au développement professionnel de nos employés ainsi que de nos parties prenantes congolaises.
GM : Parlons un peu de la production et de la fiscalité. Quelle est la hauteur de la contribution de MMG Kinsevere au Trésor public et quels ont été les faits saillants pour l’année 2025 ?
KKK : Merci beaucoup. Pour ce qui est de la production, ça c’est un chiffre rond, nous sommes, nous avons terminé l’année 2025 autour de 48.000 tonnes de cuivre. Le cobalt avec la mesure de suspension, nous avions mis à l’arrêt l’usine de cobalt. Mais nous sommes en train de nous projeter pour produire 80.000 tonnes avec le nouvel investissement. Quant aux contributions au Trésor public, moi je vous conseillerais de consulter nos rapports qui sont régulièrement publiés, ils sont publics, à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE RDC), vous pouvez les trouver. Nous nous refusons le droit de vous donner des chiffres qui ne sont pas à la virgule prêts exacts. Nous publions à Hong Kong, à l’ITIE et même au niveau des Services de l’État, vous pouvez trouver toutes ces statistiques avec plaisir.
GM : Avez-vous des gisements importants pour tenir au-delà de 2030 ?
KKK : La durée actuelle de la mine, elle l’est pour les 10 (dix) prochaines années. Comme je vous l’ai dit tantôt, nous nous projetons. Nous sommes ouverts au développement, nous voulons davantage continuer à impacter les générations dans cette zone. C’est ça même le message que nous avons, les appels aux partenariats, les appels aux nouvelles acquisitions, c’est ce que nous sommes en train de faire pour nous projeter au-delà de dix prochaines années.
GM : À l’épuisement des gisements, allez-vous partir et laisser des trous ?
KKK : Non. Déjà, nous avons des responsabilités que la loi nous recommande dont notamment, sur comment fermer une mine à l’épuisement des gisements. Nous avons reçu récemment une note nous demandant de prouver cette garantie bancaire qui existe et que nous avons prouvée. Nous disposons d’un Plan de fermeture de mine responsable. Pour le futur, notre objectif, c’est de solidariser ou solidifier ce qu’il y a comme structures, emplois …dans cette région. C’est pour cela, nous voulons faire des ouvertures pour nous projeter au-delà de dix prochaines années. Quant à l’après mine, dire que nous voulons nous transformer en une autre chose, ce n’est pas encore dans nos objectifs, surtout à MMG. Quand viendra le temps de fermer, nous à MMG Kinsevere, il y a des fonds de fermeture, allons fermer de manière responsable.
Propos recueillis par WAK. Transcris par Dieudonné Buanali.
