Les autorités Sud-africaines d’Afrique du Sud ont officiellement décidé de retirer leurs troupes de la Mission de l’Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO), mettant un terme à près de trois décennies de participation aux opérations de maintien de la paix de l’ONU dans le pays. La décision a été portée à la connaissance du secrétaire général des Nations unies, António Guterres par le président sud-africain Cyril Ramaphosa, au cours d’un entretien téléphonique tenu le 12 janvier 2026, selon des sources officielles à Pretoria.
Un contributeur majeur de la MONUSCO
L’Afrique du Sud figure parmi les dix principaux pays contributeurs de troupes à la MONUSCO. Plus de 700 soldats sud-africains sont actuellement déployés en République démocratique du Congo, où ils participent à la mise en œuvre du mandat onusien de protection des civils, de stabilisation des zones en conflit et de soutien aux autorités congolaises.
Depuis la fin des années 1990, Pretoria s’est imposée comme un acteur clé des missions de paix en RDC, notamment au sein de la MONUC, devenue MONUSCO en 2010, mais aussi dans le cadre de la Brigade d’intervention de l’ONU, chargée de neutraliser les groupes armés dans l’est du pays.
Les raisons du retrait
Dans une déclaration relayée par la présidence sud-africaine, le porte-parole Vincent Magwenya a expliqué que cette décision est motivée par « la nécessité de consolider et de réorganiser les ressources de la Force de défense nationale sud-africaine (SANDF) », après vingt-sept années de soutien continu de l’Afrique du Sud aux efforts de maintien de la paix des Nations unies en RDC.
Ce retrait s’inscrit également dans un contexte de pressions budgétaires, de réévaluation stratégique des engagements extérieurs de la SANDF et de priorités sécuritaires internes en Afrique du Sud.
Un contexte régional et onusien sensible
L’annonce intervient alors que la MONUSCO traverse une phase de transition délicate, marquée par la réduction progressive de sa présence en RDC et par des demandes répétées des autorités congolaises en faveur d’un désengagement accéléré de la mission onusienne.
Dans l’est du pays, la situation sécuritaire demeure instable, avec la persistance de groupes armés locaux et étrangers, notamment dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, soulevant des interrogations sur l’impact du retrait sud-africain sur les capacités opérationnelles de la mission.
Quelles conséquences pour la MONUSCO ?
Le départ des troupes sud-africaines pourrait obliger l’ONU à réajuster son dispositif militaire ou à solliciter un renforcement de la contribution d’autres États membres. Il relance également le débat sur l’avenir de la MONUSCO et sur la capacité des forces nationales et régionales à prendre le relais dans la sécurisation du territoire congolais.
Aucune date précise n’a encore été communiquée concernant le calendrier effectif du retrait des soldats sud-africains.
José-Junior Owawa
