RDC – Émirats arabes unis : Signature d’un accord économique majeur qui redessine les équilibres régionaux

La République démocratique du Congo  franchit ce lundi à Abou Dhabi, une étape décisive de sa diplomatie économique et stratégique. La RDC et les Émirats arabes unis vont procéder à la signature officielle d’un Accord de Partenariat Économique Global, le plus ambitieux jamais conclu par le Congo en matière commerciale.

La cérémonie, qui sera organisée au Palais de l’Émir, marquera l’aboutissement de deux années de négociations intensives ayant mobilisé les administrations économiques, douanières et commerciales des deux États. L’accord, qui sera signé par les ministres en charge du Commerce extérieur, instaure un régime de libre-échange portant sur 6 000 produits congolais et 7 000 produits émiratis, couvrant un large spectre de secteurs : agriculture, industrie, transformation et ressources minières.

Un accord plus large que Washington

Contrairement à l’accord signé à Washington, essentiellement sectoriel et limité aux minerais, le partenariat à conclure à Abou Dhabi se distingue par sa portée globale. Il offre à la RDC un cadre structurant pour diversifier son économie, formaliser ses échanges et renforcer la compétitivité de ses produits sur les marchés internationaux.

Cet accord dépasse ainsi la seule logique extractive pour inscrire le Congo dans une dynamique de commerce intégré, fondé sur la valeur ajoutée locale, la traçabilité et la reconnaissance de la nationalité des produits, certification appelée à être encadrée par les services compétents, notamment la Direction générale des douanes et accises (DGDA).

Un signal stratégique fort dans la région des Grands Lacs

Au-delà de l’économie, cet accord revêt une dimension géopolitique majeure. Il apparaît comme un levier stratégique permettant à la RDC de couper progressivement le Rwanda d’un partenaire clé, notamment dans le secteur de l’or, longtemps entaché par des soupçons persistants d’exploitation et de commercialisation illicites de ressources congolaises.

En établissant un cadre de coopération commerciale direct, bilatéral et étatique avec les Émirats arabes unis, partenaire traditionnellement perçu comme proche de Kigali , Kinshasa opère un repositionnement diplomatique assumé. Le message est clair : les échanges économiques se feront désormais sans intermédiaires, sans circuits parallèles, et dans le respect strict de la souveraineté congolaise sur ses ressources.

Cette approche vise à assécher les chaînes informelles, à sécuriser les recettes nationales et à garantir que les produits exportés sous label congolais soient effectivement issus du territoire national.

Un allié économique de poids

En s’alliant aux Émirats arabes unis, hub commercial et financier majeur, la RDC se dote d’un partenaire de premier plan, capable de soutenir l’expansion de ses exportations et d’accompagner sa montée en puissance économique. Les échanges bilatéraux, déjà estimés à plusieurs milliards de dollars américains, devraient connaître une croissance significative grâce à ce nouveau cadre juridique.

Les bases de ce partenariat avaient été jetées lors de l’Expo 2020 de Dubaï. La signature de ce lundi en constitue la concrétisation politique et stratégique, traduisant la volonté du Chef de l’État de « passer par la grande porte » et d’inscrire le Congo dans une économie formelle, compétitive et souveraine.

Par cet accord, la RDC ne signe pas seulement un traité commercial : elle redéfinit ses alliances, affirme sa diplomatie économique et envoie un signal fort sur sa détermination à reprendre le contrôle de ses ressources et de son commerce extérieur.

Don Momat

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