Rubaya / Les dessous d’un drame au cœur du coltan congolais : Plus de 200 morts dans un effondrement meurtrier

Le 28 janvier 2026, un drame d’une ampleur exceptionnelle s’est déroulé à Rubaya, dans le territoire de Masisi (province du Nord-Kivu, Est de la République démocratique du Congo) : un glissement de terrain a provoqué l’effondrement d’une mine de coltan, causant la mort de plus de 200 personnes, selon les autorités locales et plusieurs témoignages réunis par les agences de presse internationales et des sources locales. 

Un effondrement dans des conditions précaires

L’accident s’est produit en pleine saison de pluies, lorsque des pluies diluviennes ont rendu le sol extrêmement fragile. Une partie du versant de la zone minière a cédé, engloutissant des galeries de creusage, des travailleurs, des commerçants et des habitants présents sur le site. Les autorités locales ont expliqué que ce sont les fortes précipitations qui ont déclenché le glissement de terrain, entraînant l’éboulement massif des tunnels artisanaux. 

Les victimes comprennent des creuseurs artisanaux, des enfants, des femmes commerçantes et d’autres civils présents dans les puits de creusage au moment de l’accident. Plusieurs personnes ont été extraites vivantes et évacuées vers des centres de santé à Rubaya, tandis que d’autres devaient encore être transférées à Goma, la grande ville la plus proche, pour des soins plus spécialisés. 

Un bilan toujours provisoire et un site sous tension

À ce stade, le bilan humain reste provisoire, mais des estimations officielles parlent d’au moins 226 morts, certains témoignages avancent aussi des chiffres légèrement plus élevés, autour de 227 personnes, tandis que de nombreux corps pourraient encore être enfouis sous les décombres. 

Sur instruction des autorités locales, la mine a été temporairement fermée pour permettre aux secours de travailler et d’extraire les corps. La fragilité des lieux, l’absence d’équipement adapté pour les opérations de sauvetage et la saison de pluies compliquent considérablement les efforts de récupération. 

Une mine stratégique mais dangereuse

La mine de Rubaya est l’un des plus grands sites d’extraction de coltan dans l’Est de la RDC. Ce minerai, riche en tantalum, est un composant clé pour les industries électroniques et aéronautiques ; il entre dans la fabrication de smartphones, d’ordinateurs, d’appareils électroniques et de composants industriels. La production de ce gisement représente une part significative du marché mondial. 

Cependant, l’exploitation de ce minerai se fait essentiellement de façon artisanale et informelle. Les galeries sont creusées sans infrastructures de sécurité, sans renforcement des tunnels, ni système de drainage efficace pour évacuer l’eau de pluie. C’est cette absence de normes techniques et de surveillance qui rend ces sites particulièrement susceptibles aux effondrements, notamment lors des saisons humides. 

Un contexte politique et sécuritaire lourd

Le site de Rubaya est situé dans une zone contrôlée par le groupe armé M23, qui a pris le contrôle de la région en 2024, dans le contexte du conflit prolongé qui déchire l’Est de la RDC. Selon plusieurs sources, la rébellion tire des revenus importants de la taxation et du commerce du coltan, malgré des accusations de pillage et d’exploitation illégale des ressources naturelles qui ont été relayées par la communauté internationale. 

Cette absence d’autorité étatique forte combinée à la présence de groupes armés complique la régulation de l’activité minière et l’application de normes de sécurité minimales. Les populations locales, désargentées, se retrouvent contraintes de travailler dans ces conditions dangereuses pour quelques dollars par jour, malgré les risques évidents. 

Adam Mwena Meji

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