La situation environnementale à Kinshasa ne cesse de se détériorer. Depuis plusieurs mois, les amas d’ordures s’entassent dans les rues, les marchés et les quartiers périphériques, transformant la capitale congolaise en un immense dépotoir à ciel ouvert. À chaque saison des pluies, les torrents d’eau entraînent des tonnes de déchets, obstruant les caniveaux, provoquant des inondations et exposant des millions d’habitants à des risques sanitaires croissants.


Face à cette crise devenue chronique, l’Assemblée provinciale a auditionné, la semaine dernière le directeur général de la Régie d’assainissement de Kinshasa (Raskin). Les élus provinciaux ont cherché à comprendre les raisons de la paralysie des mécanismes de collecte, ainsi que les capacités réelles de cette structure dans une mégapole qui dépasse aujourd’hui les 15 millions d’habitants.
Au cœur des interrogations : la chaîne d’assainissement, largement dépassée par l’ampleur des déchets produits quotidiennement. Certaines estimations évoquent jusqu’à 30 000 tonnes de déchets par jour dans la capitale, un volume qui n’épargne aucune commune. Pour de nombreux experts, les travaux d’assainissement nécessaires pour remettre la ville à niveau pourraient coûter jusqu’à 900 000 dollars, un montant qui traduit l’ampleur du défi financier auquel la ville est confrontée.
À l’issue de l’audition, des recommandations ont été formulées pour tenter de redresser une filière aujourd’hui en panne et redonner un début de réponse à l’urgence sanitaire qui pèse sur la capitale. Reste à savoir si ces mesures parviendront à s’inscrire dans la durée, dans un contexte où la population exprime une lassitude profonde face à la saleté ambiante et au manque de solutions pérennes.
Daniella Kalala
